L’année 2012 vue par Marie-Andrée Chouinard


Dans le Devoir, du 9 janvier 2012 M.A. Chouinard fait une synthèse des défis que devra relever l’école québécoise en 2012 (Éducation-Le savoir-faire). Pour se faire, après avoir rappelé le problème de la petite fille à la maternelle et son casque, elle construit son argumentaire à partir de quatre horizons soit le politique, l’intellectuel, le social et l’économique.

En ce qui a trait à l’horizon politique, elle souligne le danger d’une réaction du parti libéral par rapport aux propositions de la CAQ. Je rejoins la journaliste sur ce sujet. Le danger étant que les partis politiques se mettent en mode réaction plutôt que réflexion. La CAQ a réussi à susciter l’intérêt par rapport aux structures scolaires actuelles et il est certain que les commissions scolaires coûtent cher et ce dans un contexte économique instable. Or, des mesures proposées par le MELS visant à régler certains problèmes n’ont pas encore été testées. Par exemple, afin d’augmenter le taux de participation aux élections, le prochain scrutin scolaire devrait se tenir conjointement aux élections municipales. De surcroît, pluiseurs suggèrent  que les commissaires forment des partis politiques et présentent des programmes. Bref, la question ici, à mon avis ne devrait pas être uniquement de nature économique mais aussi de nature démocratique.

Est-ce que la démocratie est nécessaire à ce niveau? En transformant les commissions scolaires en centres régionaux, tel que le propose la CAQ cela permettrait-il d’avoir un système scolaire plus équitable, plus efficace? Quels seraient les avantages, pour qui? Cela règlerait-il le problème du faible taux de participation des parents à la gouvernance scolaire au sein des écoles? Comment réagiront les anglos qui selon leurs représentants (la plupart élu par acclamation) perçoivent les commissions scolaires en termes d’un droit constitutionnel?

En ce qui a trait à l’horizon intellectuel, la journaliste revient sur le débat connaissance-compétence et sur l’évaluation des résultats des élèves.  D’abord, pour le premier point,  ce débat n’en est pas un puisque les compétences ne sont pas synonyme d’absence de connaissances.  Depuis 2000, plusieurs ajustements ont déjà été apportés et certaines matières semblent plus affectées par ce problème que d’autres. Il serait étonnant que le ministère change d’approche puisque ce virage vers les compétences fait partie d’une tendance internationale et le choix de prendre ce virage prennait appui sur des solides assises.

Puis, en ce qui concerne l’évaluation, il est normal que cette dernière ait été modifiée afin de s’ajuster aux changements par rapport au nouveau programme. Par exemple, les tests PISA et les SAT n’évaluent pas les mêmes choses et les enseignants ne préparent pas les élèves de la même manière pour le test en question. Les deux tests ne se prêtent pas à la comparaison. Pour moi, les évaluations appartenant au système précédent ne peuvent pas servir à la comparaison. Il faut suivre l’évolution à partir des nouvelles mesures adaptées. Par exemple, d’un test PISA à un autre, il est possible d’établir une comparaison. Les donneés actuelles sont inquiétantes puisqu’on dénote une  baisse de la performance des élèves québécois sur la scène internationale en lecture et en sciences.

En ce qui a trait à l’horizon social que la journaliste associe aux cas de  violence à l’école, on sait déjà que le syndicat des enseignants va faire des propositions par rapport à ce problème à la ministre Beauchamp. Toutefois, l’intimidation est un acte sournois, pas facile à éliminer. Même dans les écoles qui ont mis en place des programmes, il existe des cas d’intimidations. Les directions, surtout avec les jeunes en bas âge, doivent agir en tenant compte de l’intérêt de tous les enfants, ce qui inclut l’intimidateur. Certaines mesures prennent du temps avant de faire effet. Ce dossier sera intéressant à suivre, surtout parce que les enseignants y ont participé.

En ce qui a trait à l’horizon économique, l’heure est à la compression.  Les réactions des commissions scolaires et des cegeps seront à suivre dans la prochaine année. Verra-t-on encore apparaître des frais afférents et au bout du compte les parents paieront la note? Les commissions scolaires devront faire preuve de prudence, surtout si les élections provinciales sont déclenchées.

Je pense qu’un horizon culturel aurait enrichi l’analyse.  À cet égard, il sera intéressant de suivre l’évolution du débat par rapport à la question interculturelle qui semble revenir dans le discours des intellectuels alors qu’on l’avait remplacée vers le milieu des années 90 par les notions de citoyenneté, de place publique, de valeurs communes. D’ailleurs est-ce qu’une orientation exclut nécessairement l’autre?  Bref, au point de vue identitaire, il faudra continuer à suivre les résolutions qui seront offertes aux problèmes de l’intégration des élèves.

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