L’obtention d’un diplôme secondaire au Québec, une comparaison avec les autres pays de l’OCDE


L’article de F.Cardinal de la Presse (Baisse artificielle, 22 février 2012) suscite mon intérêt aujourd’hui. Il rapporte l’annonce faite par la ministre Beauchamp quant à la baisse du taux de décrochage et la réaction de la FAE qui y voit une manipulation des données et l’attribution de diplômes qui sont dans les faits qu’une certification pour les élèves éprouvant des difficultés. Suite à cette lecture, j’ai retrouvé sur le site du MELS  les indicateurs de l’éducation et en référant à la section 5.4 ( L’obtention d’un diplôme du secondaire au Québec et dans les pays de l’OCDE en 2008), je pense que Cardinal et la FAE font fausse route.

D’abord, plutôt qu’une manipulation des chiffres par le gouverment, j’y vois un ajustement à un standard international permettant la comparaison entre pays membres de l’OCDE.

Ensuite, lorsque l’on compare le Québec au reste des ces pays, il se classe plutôt bien, même avant le reste du Canada quant à son taux de diplômation de fin d’études secondaires. En 2008, considérant l’âge théorique, le Québec avait un taux de 86% ( 81% pour les garçons et 92% pour les filles).  De ce décompte, 74% des élèves détiennent un diplôme issu de la formation générale tandis que 31% des diplômes proviennent de la formation professionnelle. Le Québec se situe 6 points au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE. Un fait important à noter, à la page 109 du document, on retrouve  un graphique (Taux d’obtention de fin d’études secondaires, en formation générale et en formation professionnelle, au Québec et dans les pays de l’OCDE, en 2008) comparant le type de diplômes obtenu dans les pays. La Finlande souvent citée comme exemple au Québec obtient un taux de graduation de 93%,  toutefois  la grande partie de ces diplômes proviennent du secteur professionnel, seulement 53% des élèves obtiennent un diplôme issu de la formation générale.

Le fait de permettre à des élèves éprouvant des difficultés d’obtenir un certificat conduisant à l’obtention d’un emploi, est à mon avis une très  bonne chose. On voit par exemple que les succès de la Finlande s’explique par le nombre important de gradués issus de son secteur professionel. Par ailleurs, les changements apportés quant à l’approche statistique que dénonce la FAE permettent de comparer le Québec aux autres pays de l’OCDE ce qui est avantageux. Par exemple, trois pays, la Suisse, les États-Unis et la Turquie obtiennent un taux de diplômation de fin d’études secondaires supérieurs chez les hommes. Ces pays font peut-être les choses différemment, un regard plus détaillé permettrait d’élucider ces résultats.

En fin de compte, plutôt que de critiquer le gouvernement pour des mesures qui relèvent d’un changement hors de son contrôle, le syndicat des enseignants la FAE, aurait avantage à se préoccuper des salaires des enseignants  qui sont parmi les plus bas au Canada. Étrangement, on l’entend peu ou pas à ce sujet. Pourtant, les excellents résultats du Québec lorsqu’on le compare aux autres pays de l’OCDE représente un argument de taille pour justifier une hausse salariale.

Pour cela, il faudrait que la FAE s’intéresse aux études comparatives.

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