La philantropie et l’Éducation


Le site internet de McgillLeaks vient d’être fermé et la direction de l’université désire entâmer des poursuites envers les responsables du site internet trouvé chez wordpress. Le dévoilement de la liste des donateurs ainsi que leur adresse et le nom des membres de leur famille a incité la direction de l’université à entreprendre des actions afin de mettre un terme à cette intrusion dans la vie privée de ses donateurs. Du moins c’est ce qu’on rapporte dans la Gazette du 13 mars, 2012.

En ce qui me concerne, ce n’est pas tant le fait de publier cette liste qui m’intéresse mais les raisons derrière le choix de publier une telle liste. Quel est l’intérêt ici? Le nom des donateurs devrait certes être de nature publique mais leur adresse et le nom des membres de leur famille, c’est aller un peu loin. À moins que les membres de ces familles bénéficient de privilèges reliés à ces dons? Bref, cette situation m’interpelle et je soupçonne ici  que les motifs de cette dénonciation soient reliées à des dérapages reliés aux dons en tant que mode de financement.  Cette situation me permet de soulever quelques apories reliées à la philantropie et  l’Éducation.

Ici, ma réflexion porte essentiellement sur la question des dons individuels ou des dons en provenance de collectifs d’intérêts aux établissements scolaires publics du niveau primaire et secondaire au Québec.

D’abord, la philantropie semble être une source d’inéquité entre les institutions scolaires. Là ou elle excelle, les dons augmentent et la philantropie excellera dans les milieux socioéconomiques avantagés. Ici, c’est le principe d’équité sociale qui me semble menacé par cette pratique en milieu scolaire. Certains organismes lèvent beaucoup de fonds pour les écoles, il y a même des commissions scolaires qui paient des employés pour le faire. D’ailleurs, il est possible de remarquer plusieurs écarts entre l’état des écoles publiques recevant de dons et celles qui en reçoivent moins. Ne faudrait-il pas agir ici afin d’amenuiser cette source d’inéquité entre les écoles, par exemple en centralisant les dons vers la commission scolaire?

Ensuite, derrière la philantropie,  on retrouve souvent des idéaux et derrière ces idéaux des individus, des groupes politiques ou religieux. Peut-on vraiment ouvrir la porte aux  intérêts des individus et des collectivités dans une institution publique en principes politiquement neutre, laïque et ouverte ? Dans l’affirmative, ne faudrait-il pas plus de transparence par rapport aux donateurs? Qui sont-ils? Quels sont leurs intérêts?

Puis, les institutions scolaires fonctionnent dans le respect des lois. Au primaire et secondaire la loi sur l’instruction publique prévaut. Or, les associations ou fondations indépendantes n’ont pas à suivre la loi sur l’instruction publique. En acceptant cet état de fait, ne procure-t-on pas, à quiconque le voudrait, un lieu propice pour contourner la loi sur l’instruction publique? Dans ce cas, pourquoi le permettre? Pourquoi ne pas insister pour plus de  transparence et exiger que les responsables justifient clairement leur choix de ne pas lever des fonds à l’intérieur du cadre prévu par la loi?

Bref, quoiqu’il existe des avantages à recevoir des dons, il y a matière à réfléchir afin de s’assurer que l’esprit démocratique de  l’école publique ne soit pas entâché  par des intérêts privés.

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