Francophones et anglophones à la même école: Good Luck!


Un article paru dans la Gazette de Montréal hier, le 3 avril 2012, rapporte que la CSDM ( commission scolaire de Montréal) et la EMSB (English Montreal School Board) dans une perspective de coopération pensent à jumeler, au sein de la même école, des élèves francophones et anglophones. En effet, selon la journaliste  Brenda Branswell,  non seulement les commissions scolaires songent à partager le même territoire mais encore songent à regrouper les élèves dans la même école. Ce projet s’explique par le manque d’espace du côté francophone et le manque d’élèves du côté anglophone. La CSDM est à la recherche de 400 classes au niveau primaire. Ce projet prendrait place dans le quartier d’Ahuntsic.

La journaliste souligne les embûches de divers ordres qui se dresseront probablement sur le chemin des innovateurs. À cet égard, elle mentionne les problèmes de logistique ainsi que la réticence des parents francophones et anglophones. En guise de conclusion, elle suggère que ce projet pourrait peut-être permettre un enrichissement de part et d’autre, toutefois il faudrait auparavant que les autorités tiennent une consultation publique.

Oh, boy…

À mon avis tout dépendra de la manière de présenter ce projet. Il faudra absolument tenir compte des parents et des commissaires.  D’une part,  les anglophones, du moins, certains commissaires et représentants de parents tiennent à leur commission scolaire. Ils perçoivent d’un mauvais oeil  l’abolition des commissions scolaires qu’ils relient à leurs droits constitutionnels. Par exemple, l’Association des parents Home and School a déjà entamé sa lutte contre l’idée de la CAQ en publiant ce mois-ci dans sa revue de langue anglaise, QFHSA news, Volume 50 issue 1, une édition spéciale  des prises de position en faveur du maintien des commissions scolaires. Il faudrait donc expliquer comment ce projet préserve leurs droits.  D’autre part, on peut déjà prévoir  que cette suggestion provoquera des résistances du côté francophone. Par exemple, les boucliers sont déjà levés dans le cas de l’Université de Montréal depuis son annonce d’offrir un programme en anglais. Ici, je pense que la recherche pourrait éclairer les parents réticents. Le fait d’apprendre une langue seconde n’empêche pas les élèves d’apprendre leur langue première, il semblerait que c’est plutôt le contraire.

Bref,  les responsables pourraient réussir leur projet mais auparavant il leur faudra s’éloigner du débat politique. Cela pourrait être réalisé  si les responsables tiennent compte des inquiétudes des parents et des commissaires. Ensuite, il faudrait rediriger le débat vers la dimension éducative du projet. Cela serait possible en démontrant que les élèves sortiront  grands gagnants de ce projet.

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