L’éducation à la citoyenneté dans un contexte de polarisation sociale


En 1997, le Conseil supérieur de l’Éducation recommendait le choix d’une éducation à la citoyenneté pour le programme de formation de l’école québécoise.  Le programme d’histoire et éducation à la citoyenneté met de l’avant une pédagogie de la différenciation permettant aux élèves d’interpréter la réalité et de prendre du recul par rapport à cette dernière. Le choix de cette approche était grandement motivé par le contexte de l’époque. En effet, le rapport Proulx avait fait ressortir la polarisation des parents par rapport à l’enseignement confessionnel tandis que les résultats du référendum indiquaient une seconde polarisation de la société par rapport à l’indépendence du Québec. En optant pour une éducation à la citoyenneté, cela permettait de cadrer le programme de formation dans un contexte visant à développer la pensée critique des élèves et de développer des compétences citoyennes permettant de faire des choix et même de construire de nouvelles options. Par exemple en secondaire 3, les élèves sont invités à développer une compétence visant à «consolider l’exercice de sa citoyenenté à l’aide de l’histoire». Parmi les composantes de la compétence on dénote entre-autres «débattre d’enjeux de société», «établir les bases de la participation à la vie collective», «porter un regard critique sur sa démarche». Le programme vise à préparer les élèves à participer à la vie sociale et de comprendre les fondements d’une société démocratique.

Les premiers élèves réformés terminent leur C.E.G.E.P. Tout au long de leur formation, ils ont été incités à participer activement à la vie sociale, communautaire et politique de leur institution.

On assiste présentement à un sénario cauchermardesque, du moins pour le gouvernement et pour les associations étudiantes. D’une part en ce qui a trait aux associations étudiantes, des étudiant-es remettent en question leurs actions. Je crois sincèrement, que tous les organismes qui jadis fonctionnaient sans tenir compte de la posture de l’autre ou des minorités seront appelé à faire des changements. Plus que jamais, suite à leur formation, les étudiant-es québécois sont en mesure de comprendre, interpréter, prendre du recul et surtout d’argumenter et de débattre, délibérer, discuter.  Dans le moment, les associations étudiantes semblent gouverner sans tenir compte de la posture des étudiant-es réfractaires. C’est à mon avis, une grave erreur dans un contexte de polarisation sociale. Pour pouvoir sortir de l’impasse actuelle, il faudrait tenir compte de cette posture et faire des aménagements. En somme, l’idée d’associations d’étudiant-es est peut-être même dépassée. Principalement parce que contrairement à la FECQ certaines d’entre-elles (La CLASSE et la FEUQ)  adhérent à des idéaux.  Cette adhésion à des principes immuables rend caduque toute tentative de représentation démocratique, faute d’alternatives et de surcroît constitue une entrave la négociation. Devant ce constat, on ne peut parler de démocratie représentative mais de groupes d’intérêts.  À mon avis, c’est la démocratie étudiante, dans son ensemble, qui mériterait d’être revisitée.

D’autre part, en ce qui a trait au gouvernement, dans une société démocratique qui forment ses étudiant-es à la participation citoyenne,  les grandes orientations de l’Éducation ne devraient plus être l’apanage d’un seul parti politique. Il faut faire appel à la société et aux experts. C’est la seule manière de mettre fins aux remises en question et aux propositions plus ou moins sérieuses mises de l’avant pas des néophytes en la matière.

La société québécoise mérite mieux, beaucoup mieux.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s