La chaudroncratie, le régime parlementaire britannique et l’école québécoise


Les récentes sorties d’une partie de la population, chaudrons en main, ainsi que les manifestations de la part de ceux s’opposant  à la hausse des droits de scolarité ou au gouvernement Charest, soulève un questionnement dans une société, comme la nôtre polarisée à plusieurs niveaux. Est-ce que le 50% des citoyens bruyants  méritent plus d’attention que le 50% des citoyens silencieux? À mon avis, la réponse est négative.

Il ne faut pas que le gouvernement cède sous le poids des vociférateurs. Le processus suivi par le gouvernement peut certes être remis en question, le gouvernement peut aussi modifier certains aspects d’une décicion toutefois dans une démocratie, le principe d’égalité entre les citoyens est un principe quasi sacré. Dans une société juste, c’est lors d’élections que la population se fait entendre. Un citoyen, un vote, c’est  ça la démocratie et au Québec, ce régime s’exerce par le biais d’une démocratie représentative et d’un régime parlementaire offrant  aux électeurs la liberté de choix.

En effet, dans un régime parlementaire britannique, tel que celui qui caractérise le régime parlementaire québécois, il y a place pour un pluralisme des visions. Toutes ces visions sont représentées et les représentant-es détiennent  un  droit de parole au parlement.  Dans le secteur scolaire, afin de préparer les futurs citoyen-nes à exercer  leur citoyenneté, en Angleterre, au Canada et au Québec, les élèves sont formés par l’entremise d’une éducation à la citoyenneté. Ce type de formation  permet aux élèves de développer une opinion raisonnée à partir de divers outils. Au coeur du programme québécois, on dénote une formation au dialogue, à la réflexivité, au respect de l’autre ainsi qu’ une introduction à diverses formes de discours. Ce type de formation permet aux élèves de développer des compétences permettant une participation active à la société québécoise et de choisir une option ou une autre.

Ailleurs, dans les pays dont le modèle de gouvernance est autre,  comme en France, les élèves on droit à un autre type de formation, une éducation civique. Les élèves consacrent une année entière à l’apprentissage du débat. Ce type de discours laisse peu de place à la pluralité des opinions. C’est une  méthode adversale voulant que le perdant s’allie à une vision globale.  Au conseil d’Europe, le programme éducatif vise à former les élèves à la citoyenneté via la délibération. Dans ce type de dialogue, les élèves peuvent développer plus d’une perspective mais au bout du compte, ils sont appelés à joindre un consensus. Encore une fois, il y a peu de place à la dissidence.

Bref, lorsque l’on compare les diverses régimes démocratiques par le biais des programmes scolaires, au Québec les élèves ont la chance de développer des compétences leur permettant de former une opinion et de faire des choix.  Il existe un pluralisme des choix. Ceci leur permet de se préparer à exercer leur rôle de citoyen dans un contexte caractérisé par la  présence d’une diverstié de partis politiques.

Au terme de cette réflexion, il me semble d’une part qu’ il serait plus que temps  d’arrimer les programmes collégiaux aux programmes de l’école secondaire. D’autre part étant donné la polarisation sociale de la société québécoise,  le temps est peut-être venu de substituer  les associations étudiantes par une démocratie représentative. Un nouveau mode de gouvernance, laissant place au pluralisme des opinions.

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