Les parents et l’école, le cas de l’École de la Roselière, David contre Goliath?


«Seuls les fous continuent à répéter les mêmes erreurs en pensant obtenir à chaque essai des résultats différents.»

Albert Einstein (ma traduction)

Le taux de réussite au Québec à l’intérieur des délais prescrits par la LIP (loi sur l’instruction publique) n’a pas changé depuis 2000. Ce malgré l’idéal porté par la réforme scolaire de la réussite du plus grand nombre  d’élève.

Un échec.

Pourquoi? Parce que à bien des endroits, rien n’a changé, ni au niveau de la gouvernance et peu au niveau de l’enseignement. Encore pire, ce n’est pas la première fois . Il en a été de même lors de la dernière réforme, celle de 1979. Depuis, 2000, du moins sur papier, les parents devaient avoir plus de place à l’école, mais malheureusement à bien des endroits ces derniers   ont encore trop peu à dire. Pourtant, c’est connu, les parents influencent la réussite des élèves.

Des structures scolaires à repenser

Le cas de l’École de la Roselière m’interpelle puisque c’est à mon avis une occasion d’ouvrir un débat sur la structure scolaire québécoise, actuellement en place, qui pénalise les parents optant pour les projets de nature religieuse ou philosophique.  Dans un État où prévalent deux chartes des droits et libertés on peut se questionner sur ce choix. Pourquoi? L’atteinte d’un idéal du mieux vivre-ensemble?  Un idéal peu réaliste lorsque l’on considére que dans les faits les enfants de l’élite socio-économique fréquentent en grande majorité les écoles religieuses privées. Par ailleurs, considérant que le  taux d’échec scolaire semble fossilisé à 35%, il serait plus que temps d’ explorer d’autres avenues.

Une option prometteuse serait celle qui donnerait plus de choix aux parents.Si on voulait vraiment favoriser la réussite des élèves, l’État et ses représentants dans les commissions scolaires et les écoles feraient plus de place et favoriseraient la participation des parents. Or,  des statistiques démontrent que le taux de participation des parents dans tous les projets à vocation particulière est plus élevé. En parallèle,  les taux de réussite y sont également plus élevés. En Alberta,  là où les autorités scolaires ont encouragé l’implantation de projets praticuliers, il y a eu une nette amélioration du taux de succès des élèves. Dans cette province, on accepte même les projets de nature religieuse.  En outre, ici au Québec,  un des exemples de succès le plus percutant est celui des  écoles spécialisées. Accueillant une clientèle vulnérable, ces écoles privées déclarent des taux de réussite de plus de 90%. Bref, la réussite de ce genre d’établissement est indénialble, pourquoi ne facilite-t-on pas  leur implantation dans le secteur public?

La nécessité d’identifier des critères communs et le respect de l’équité

Certes, avant d’introduire un projet particulier dans une commission scolaire l’école devrait répondre à des critères reconnus publiquement. Des critères qui s’appliquent à toute les écoles, de manière équitable, mais attention pas question, de laisser cette décision à des commissaires qui n’ont pas les compétences pour évaluer un projet scolaire. Le MELS devrait édicter ces critères et s’assurer que les commissaires aient les moyens d’exercer leur jugement de manière adéquate et  équitable partout dans la province.

Un rapport avec les parents des élèves fréquantant l’école à revoir

À la lumière des recherches, parce que  le parent importe dans la réussite des élèves, il serait astucieux que certains critères d’évaluation considèrent le parent. Par exemple, outre le taux de réussite,  le taux de satisfaction des parents devrait faire partie des critères d’évaluation de l’école. Malheureusement, les responsables du système scolaire, ont trop tendance à ne pas considérer les parents. Dans le passé, en ce qui a trait à la réussite des élèves, plutôt que d’améliorer la relation avec les parents, les autorités ont plutôt introduit des stratégies peu fructueuses et gobeuses de temps, notamment les conventions de partenariat. Pendant ce temps, les parents qui cherchent de l’aide pour leur enfant en difficulté, n’ont pas de support. Les conséquences de cette fixation sur les objectifs du projet éducatifs sont terribles, le taux d’échec est resté le même. À bien des égards, le taux de satisfaction des parents serait  un meilleur indicateur de la performance de l’école.

Par ailleurs,  il existe des moments critiques où ce rapport entre les parents et les autorités scolaires devient critiques . C’est la cas par exemple lors de la fermeture d’une école.  En raison des répercussions sur la vie des gens, ces fermetures sont rares et justifiées. Par exemple, récemment des problèmes tels que la moisissure ont entraîné des fermetures. Lorsque la décision est prise,  il est rare que la commission scolaire change d’idée. Conséquemment,  pour fermer une école il faut non seulement du tact mais encore des raisons fortes.

Dans le cas de l’École de la Roselière, les rapports entre les parents et la commission scolaire s’enveniment. C’est qui n’est pas inhabituel lors d’une fermeture d’école.  La situation est devenue telle que afin d’assurer la sécurité lors de la réunion du conseil, le 2 avril, la commission scolaire a embauché six agents de sécurité  (voir Josée Hamelin, Journal de Chambly). Aussi, la commission scolaire afin de porter son message sur la place publique a engagé une firme de communication. ( voir, Alex Bernard, Journal de Chambly). Une bataille du genre David contre Goliath semble prendre place.

Ce qui est inhabituel dans le cas de l’École de la Roselière réside dans le fait que la fermeture n’est pas justifiée par  un manque d’élèves. Les élèves réussisent selon les statistiques de la Corporation des parents. Officiellement, la loi n’est pas respectée. C’est le critère de référence choisi par les commissaires pour justifier la fermeture de l’école. Or, pour pouvoir respecter la loi, au sens que l’entend la commission scolaire,  l’école ne serait plus elle-même. Donc, il y a peu de chance que la commission scolaire modifie sa décision.

 Pendant ce temps, ailleurs dans les écoles publiques de la province, la loi n’est pas  respectée (voir Jean-Pierre Proulx, Échec de la réforme. Puis après?). Il n’y a pas de rapport Nantel évaluant  les écoles. Les institutions scolaires publiques  affichant un taux d’échec de plus de 60% continuent d’opérer, financer à 100%.

Dans un contexte où la réussite du plus grand nombre est visée, où est la logique?

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