Évaluer le personnel enseignant: ça ne règlera pas les problèmes


La CAQ proposait dernièrement d’évaluer les enseignant-es. Ces derniers contre-attaquent en publiant une série web, afin d’offrir une image positive de la profession ( lJ.P. Proulx aborde la question sur son blogue). Ainsi, une part de temps et des fonds qui seraient utiles ailleurs serviront à défendre l’image du personnel enseignant.

Selon moi, évaluer les enseignant-es ne règlera pas les problèmes de fond. Simplement parce que les enseignant-es ne sont pas la source ultime du problème. Ils ne sont pas entièrement libres, ils agissent à l’intérieur d’un rapport de forces multiples qui est la source du problème. Ne pas considérer ce rapport  est une erreur.

Dans le moment, j’emprunte ici un modèle tiré de la physique, les forces vectorielles du système éducatif agissent sur le personnel enseignant et selon le rapport de force établi ces forces dirigent les actions du personnel enseignant. Parmi ces forces, on retrouve, entre-autres: la ministre de l’Éducation, la Fédération des commissions scolaires, la Fédération des directions d’école, les fédérations et associations d’enseignants syndiqués, les corporations et associations des parents et les comités de parents.

Une analyse de ces forces et des décisions prises permettraient de comprendre la réalité de l’enseignant-e. Prenons à titre d’ exemple, les choix faits en ce qui a trait aux élèves en difficulté. À mon avis, le problème relève des décisions prises aux niveaux des commissions scolaires et des syndicats des enseignants. Mon hypothèse : à ces niveaux, peu importe les raisons, les décisions prises ont mené au manque de services en ce qui a trait aux élèves en difficulté.  De plus, lorsque vient le temps de résoudre les problèmes, plutôt que de recourir à l’introspection et de prendre une approche systémique qui permettrait de règler les problèmes: les enseignant-es blâment la commission scolaire; les commissions scolaires blâment les enseignant-es; les directions d’école blâment les commissions scolaires et les enseignants. Bref, le rapport de force, le désir de dominer le système vectoriel ou de défendre sa position accapare les énergies des acteurs, prenant le dessus sur la réflexion.

Sans changements,  les acteurs du système continueront à perdent du temps et de l’argent à s’affronter où à se reprocher les uns et les autres la responsabilité des échecs. Encore, lorsque le système devient dysfonctionnel des décisions importantes seront prises par les membres des partis politiques qui souvent n’ont aucune formation en éducation.

Que faire?

Il faut écarter le politique de l’éducatif en traçant une ligne de démarcation claire entre les deux. À ce propos, le modèle scandinave est encore une fois des plus intéressant: un institut indépendant voué à la création des programmes; les communes dont les pouvoirs sont limités s’occupent des écoles. Toutefois, pour pouvoir opérer ce virage, il faudrait que le politique accepte d’accorder la priorité à  l’éducation.

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