La pseudoscience à l’école québécoise: haut degré de compétence professionnelle?


Une lectrice que je remercie, m’a fait parvenir le lien suivant , un article de Science Presse sur les pseudosciences. Un chercheur dans le cadre du Congrès de l’ACFAS a fait part des résultats de sa recherche. Il s’est intéressé à l’importance en librairie des ouvrages ésotériques comparativement aux ouvrages scientifiques. Près de 85% de l’espace serait occupé par les pseudo sciences. Or, les enseignant(es) n’échappent pas à cette tendance et  semblent également attirés par certaines approches non scientifiques. Ce choix soulève un questionnement:  est-ce qu’un enseignant(e) devrait recourir à ces méthodes?

Pour répondre à cette question, voici d’abord un extrait de la Loi sur l’instruction publique. Selon la LIP, voici les droits et devoirs de l’enseignant(e):

DROITS DE L’ENSEIGNANT
Direction des élèves.
19. Dans le cadre du projet éducatif de l’école et des dispositions de la présente loi, l’enseignant a le droit de diriger la conduite de chaque groupe d’élèves qui lui est confié.
Responsabilité de l’enseignant.
L’enseignant a notamment le droit:
 1° de prendre les modalités d’intervention pédagogique qui correspondent aux besoins et aux objectifs fixés pour chaque groupe ou pour chaque élève qui lui est confié;
 2° de choisir les instruments d’évaluation des élèves qui lui sont confiés afin de mesurer et d’évaluer constamment et périodiquement les besoins et l’atteinte des objectifs par rapport à chacun des élèves qui lui sont confiés en se basant sur les progrès réalisés.
OBLIGATIONS DE L’ENSEIGNANT
Responsabilité.
22. Il est du devoir de l’enseignant:
 1° de contribuer à la formation intellectuelle et au développement intégral de la personnalité de chaque élève qui lui est confié;
 2° de collaborer à développer chez chaque élève qui lui est confié le goût d’apprendre;
 3° de prendre les moyens appropriés pour aider à développer chez ses élèves le respect des droits de la personne;
 4° d’agir d’une manière juste et impartiale dans ses relations avec ses élèves;
 5° de prendre les mesures nécessaires pour promouvoir la qualité de la langue écrite et parlée;
 6° de prendre des mesures appropriées qui lui permettent d’atteindre et de conserver un haut degré de compétence professionnelle;
 6.1° de collaborer à la formation des futurs enseignants et à l’accompagnement des enseignants en début de carrière;
 7° de respecter le projet éducatif de l’école.
Suite à cette lecture, en ce qui a trait à notre questionnement,  il me semble que les articles suivants de la LIP soient pertinents:  l’enseignant(e) a le droit de prendre les modalités d’intervention pédagogique mais ces modalités doivent correspondent aux objectifs fixés pour le groupe ou l’élève; il doit respecter le projet éducatif de l’école. En ce qui concerne ses qualifications professionnelles, il doit prendre des mesures appropriées qui lui permettent d’atteindre un haut degré de compétence professionnelle.
Plutöt que le choix de l’intervention pédagogique et le respect du programme, c’est  le haut degré de compétence professionnelle, ici qui attire mon intérêt . À mon avis, les méthodes pédogogiques pseudo scientifiques, s’infiltrent dans le système scolaire via les conférences ou formations offertes aux enseignants hors de la sphère académique.
Prenons l’exemple du Brain gym.
Au Québec il existe une certification et des formations d’une durée de 20 minutes à 3 heures offertes. Parmi les membres certifiés on retrouve entre-autres des éducateurs en garderie, des enseignants. Cette approche a été développée par le Dr.Paul Dennison. Selon une recherche rapide, l’approche du Docteur en Éducation fait l’objet d’un débat scientifique. Les fondements théoriques de l’approche ainsi que l’absence de révision par les scientifiques sont les objets d’une controverse et justifient le statut de cette  approche qui selon les critiques est une pseudoscience. En 2010, l’Association britannique des neuroscientifiques et la Société de physiologie ont émis une mise en garde aux enseigant(e)s contre le recours de cette approche en 2010. Le Dr Dennison, depuis la fin des années 90. défend son approche et répond aux critiques  mais l’approche reste expérimentale, du moins c’est ce que je comprends.
Ce bref aperçu sur la LIP et le statut scientifique du   Brain gym, permet de reformuler notre question initiale: est-ce que les enseignant(e)s devraient recourir à des méthodes expérimentales?  Plus précisément, dans l’optique d’une  formation visant à maintenir un haut degré de compétence professionnelle:  est-ce que les méthodes expérimentales, devraient en faire partie?
Il me semble que ce serait l’objet d’un bon débat. Non?
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4 réflexions sur “La pseudoscience à l’école québécoise: haut degré de compétence professionnelle?

  1. p.s: j’ai partagé sur la page FB contre le massage en classe. Page qui devient un moyen de faire la lumière sur le massage en classe bien sur, mais aussi sur les autres techniques non prouvées qui prennent de plus en plus de place en classe.

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