Les valeurs communes à l’école publique: la gentillesse



Je peux me défendre contre la méchanceté; je ne peux pas me défendre contre la gentillesse.

                                                       Citation de Francis Blanche

Lors d’une soirée d’accueil des nouveaux élèves dans une école secondaire publique de l’Île de Montréal, les parents et les élèves ont été informés des modalités et règles à suivre visant à assurer le bon le fonctionnement de l’école. Pendant l’exposé, la direction a fait part aux parents du choix de la communauté scolaire de valoriser la gentillesse. À ce qu’il parait, les élèves,dans cette école, sont gentils. D’ailleurs les visiteurs aiment bien venir dans cette école parce que les élèves leur ouvrent les portes et les saluent.

Cet exposé sur la gentillesse, m’a interpellé.

Parmi toutes les valeurs communes disponibles, pourquoi avoir choisi la gentillesse? Pourquoi pas le courage, la réussite, le dépassement de soi, l’humanisme?

Au fait, la gentillesse c’est pas une valeur reliée à un milieu de vie idéal, à la vie collective, c’est une vertu. Un trait de caractère, une éducation morale. Ce genre de formation est relié à une éthique du sentiment, développée par Hume au 18 e siècle et repris plus récemment, au 20e par Carol Gilligan. D’ailleurs une vertu, ça ne relèverait pas de la sphère privée? Les valeurs communes ne devraient-elles pas être du domaine public? C’est vrai qu’être gentil, c’est un trait de caractère qui éventuellement se manifestera dans la sphère publique. En ce qui a trait aux valeurs, la séparation entre la sphère privée et publique n’est pas toujours évidente.

Déjà, pour tout le primaire, mon enfant à été formé aux vertus. Impossible d’identifier l’orgine de cette formation mais les enseignants et la direction tenaient à cette formation. Au fond quel parent peut être contre les vertus telles:  l’honnêteté, la bienveillance,  la générosité, la fiabilité, la gentillesse?

Pourtant, suite aux États généraux, lors des nombreux débats  portant sur le type de formation à offrir aux élèves québécois dans les écoles laïques et ouvertes québécoises, cette approche n’a pas été retenue. L’éthique sociale soit  une formation au dialogue et aux cultures religieuses est une des composantes obligatoires du programme. Lors de ce choix, les experts tenaient à protéger les élèves de tout endoctrinement.

Les articles 36 et 37 de la LIP (Loi sur l’instruction publique) vont dans ce sens. Le projet éducatif doit respecter la liberté de conscience et de religion. Quoiqu’il soit possible d’enrichir le projet éducatif,  l’ajout d’une orientation philosophique particulière  serait contre-indiquée. Bref, une philosophie éthique telles que l’éducation aux vertus ne peut ni prendre la place du cours d’éthique et cultures religieuses ni celles des valeurs communes.

36. L’école est un établissement d’enseignement destiné à dispenser aux personnes visées à l’article 1 les services éducatifs prévus par la présente loi et le régime pédagogique établi par le gouvernement en vertu de l’article 447 et à collaborer au développement social et culturel de la communauté. Elle doit, notamment, faciliter le cheminement spirituel de l’élève afin de favoriser son épanouissement.
Mission.
Elle a pour mission, dans le respect du principe de l’égalité des chances, d’instruire, de socialiser et de qualifier les élèves, tout en les rendant aptes à entreprendre et à réussir un parcours scolaire.
Projet éducatif.
Elle réalise cette mission dans le cadre d’un projet éducatif mis en oeuvre par un plan de réussite
37. Le projet éducatif de l’école contient les orientations propres à l’école et les objectifs pour améliorer la réussite des élèves. Il peut inclure des actions pour valoriser ces orientations et les intégrer dans la vie de l’école.
Ces orientations et ces objectifs visent l’application, l’adaptation et l’enrichissement du cadre national défini par la loi, le régime pédagogique et les programmes d’études établis par le ministre.
Liberté de conscience.
Le projet éducatif de l’école doit respecter la liberté de conscience et de religion des élèves, des parents et des membres du personnel de l’école.
Peut-être encore que c’est moi, encore, qui soit trop pointilleuse. Mais pendant tout le primaire, dans l’école publique fréquentée par mon enfant alors que les vertus étaient connues des parents et des élèves, le programme d’éthique et cultures religieuses ne semblait guère une priorité. La tendance était de donner à tous les élèves la même note. Pour le secondaire, l’importance accordée au cours d’éthique et cultures religieuses ne semble pas mieux.  Par exemple, dans  le nouvel horaire de mon enfant, on retrouve le nom de tous les enseignants  sauf de celui ou celle qui enseignera le cours d’éthique et de culture religieuse. Je soupçonne que le cours sera soit attribué en tant que fin de tâche ou intégré dans une autre matière. Bref, plutôt qu’une formation rigoureuse au dialogue et aux cultures religieuses, les élèves risquent surtout d’être formés à la gentillesse.
Selon la perspective des responsables, ce choix  est un choix de la communauté. Une communauté qui, à mon avis, bénéficierait d’une meilleure formation  en ce qui a trait à la gestion des valeurs communes.
 Au fait, qu’est-ce qu’une valeur commune?
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