Le voile à l’école: les choix de l’Europe


Radio-Canada publie sur son site, une entrevue avec Micheline Milot, sociologue des religions à l’UQAM. Cette dernière s’intéresse aux laïcités ici en Amérique et en Europe.

Selon la sociologue, au cours des dernières années, à l’instar de ce qui se passe au Québec, il y a eu des débats en Europe mais toujours sur la question du voile. Hormis le cas de la France (2004) et de la Belgique (2011), le débat s’est restreint à la sphère scolaire. Chaque fois que les débats ont eu lieu, l’État central a délégué la responsabilité de la prise décisionnelle aux instances juridiques locales. Puis, lorsque les causes sont amenées vesr les tribunaux, ces derniers optent pour la liberté de religion, moyennant quelques balises. Les pratiques se font «au cas par cas». Depuis plusieurs années dans tous ces cas, le débat se rapporte à l’islam.

Bref, en Europe le cas de la France quoiqu’il ait une influence considérable sur les États européens est unique. Il faut savoir ici que l’article 1 de la constitution française spécifie l’importance des  intérêts de la Nation  contrairement aux chartes canadienne et québécoise qui accordent une primauté aux intérêts de la personne. Ailleurs en Europe, à l’instar du Canada et du Québec on règle les problèmes «au cas par cas».

Ceci étant dit, dans le débat actuel, je déplore l’absence d’un portrait global de la situation. Quels sont les contours de la problématique au Québec? Y-a-t-il des problèmes de provocations? De revendications politiques? D’attitudes? Problèmes qui affecteraient les usagers ? Lorsque cela se produit, qu’est-ce qui est fait? Est-ce suffisant?

Est-ce que les solutions proposées vont règler les problèmes?

Sans ces informations, il ne peut y avoir de débat raisonnable. D’ailleurs, il existe d’autres avenues que le débat, option qui est loin d’être idéale, car cette méthode adversariale divise les participants en deux clans: les gagnants et les perdants. La délibération serait préférable puisqu’elle donne place à tous et vise la recherche d’un consensus ou d’un compromis. Toutefois, pour pouvoir instaurer une délibération véritable, il faudrait que les partis intéressés aient accès en toute transparence aux informations utiles à un positionnement raisonné.

Étant donné la manière dont se déroule les choses, on peut se questionner sur la volonté des dirigeants d’orienter les discussions vers la raison. Pourtant la voie de la raison mène potentiellement à une résolution acceptable et au maintien de la cohérison sociale tandis qu’un débat sans fondements si ce n’est que les sentiments risque, comme cela s’est produit trop souvent au Québec, de scinder la population en deux clans.

Au fait la Commission Bouchard-Taylor n’était pas justement, un processus délibératif menant à une solution raisonnée? Dans ce cas, pourquoi a-t-on ignoré les recommandations du rapport?

Le compromis proposé par la Commission dirigée par des experts me semble de loin préférable à ce qui a été proposé récemment.

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