L’élite québécoise formée dans les écoles privées catholiques


Cette semaine, certains journalistes rapportaient le possible démantèlement du Comité des affaires religieuses.  À mon avis, le démantèlement de cette organisation serait une erreur. Le Comité des affaires religieuse est chargé d’étudier la place de la religion dans les écoles du Québec. Ce comité constitué d’experts, d’enseignant-es, de parents et d’un représentant du ministère étudie diverses phénomènes et rédigent des avis destinés à éclairer la ministre de l’Éducation.  À chaque année, le comité est chargé de présenter un rapport. En 2012, le Comité a présenté un avis  rigoureux qui touche entre-autre à la question de la religion dans les écoles privées québécoises. Pour se faire, le comité, afin de dresser  un portrait détaillé de la situation, a eu recours à de nombreuses statistiques.

Selon  les chiffres avancés par le Comité des affaires religieuses, dans le secteur privé, 55% des écoles seraient de nature confessionnelle.  De ce total,  les écoles catholiques constitueraient près de 88% des effectifs soit un total de    76 877 élèves. Les confessions minoritaires, ne représenteraient qu’une minorité des élèves soit un  total de 12 655 élèves. Dans ce groupe, les écoles musulmanes compteraient dans leur ensemble,  1 928 élèves.  Entre 1998 et 2011,  ce sont les projets religieux catholiques qui ont connu la plus forte hausse d’effectifs, soit près de 25%.

Sachant que la mission de plusieurs écoles privées est de former les futurs dirigeants de ce monde, il me semble qu’il y ait matière ici à réfléchir, dans un contexte où une charte que certains voudraient laïque est proposée.

D’abord, si la charte rentre en vigueur, les symboles religieux seraient interdits dans la fonction publique alors qu’au même moment  l’élite dirigeante au Québec  serait formée, du moins en partie, dans des écoles religieuses catholiques financées par l’État.

Ne court-on pas ici le risque ici d’une dérive? Soit que le jugement de nos dirigeant-es formés dans ces écoles religieuses soit biaisé lorsqu’il s’agit de traiter de la place de la religion ?  Par exemple, lorsque vient le temps de prendre des décisions quant au financement du secteur religieux privé? Ou encore, lorsque vient le temps de rédiger une charte qui touche à la question religieuse?

Bref, pour ces raisons,   lorsqu’il s’agit de traiter de la place de la religion dans notre société, ne vaudrait-il pas mieux s’en remettre, du moins en partie, aux experts? N’est-il pas contraire à l’éthique que d’abolir les instances qui apportent un éclairage judicieux sur une situation controversée?

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s