La communauté État: regard sur un phénomène contemporain


Bien que certaines personnes aimeraient un retour à un nationalisme ancré dans un uniformisme d’apparence, ce projet me semble vain et contre-productif.

D’abord parce que l’apparence est loin de vouloir signifier l’adhérance d’une conscience à un projet collectif. Notamment, il existe de nombreux exemples de la survie souterraine des communautés en période de coercition. Il suffit de penser aux sociétés secrètes florissantes lors de l’Inquisition ou encore les mouvements de résistance en opération lors de la guerre.

Ensuite, le contexte actuel ne semble guère propice à l’imposition d’une culture étatique universelle officielle. Plus précisément,  il existe au Québec un pluralisme au niveau des organisations communautaires. Récemment, l’Internet et  les médias sociaux viennent révolutionner et multiplier les réseaux sociaux.  Je pense que nous assistons à un nouveau mode d’organisation sociale, soit celui de la communauté d’État. Ici, je choisis ce thème en référence à l’ancienne Cité-État, un mode organisationnel de la société, précédant la nation.

Qu’est-ce qu’une communauté État? Voici ma définition.

C’est un regroupement de personnes  qui partagent des intérêts communs, se regroupent et  suivent des règles de fonctionnement communes.  Cette communauté  est indépendante et souveraine.  Son territoire n’est pas politique mais plutôt virtuel, soit  déterminé par les intérêts de ses membres. Ces intérêts peuvent dépasser les limites d’un territoire politique.  Quoique les intérêts de la  communauté  soient officiellement apolitiques axés vers le social,  lorsque  la communauté se sent menacée ou en ressent le besoin elle agira dans l’arène politique.

Sous-estimées, ces communautés agissent dans l’ombre sans attirer les regards, occupées à  remplir leurs missions. Lorsqu’une communauté  se mobilise, elle représente un levier politique puissant.  Les membres de ces communautés, même lorsqu’elles s’affichent  séculières, pour diverses raisons, croient fermement en leur cause.  À l’occasion, il arrive que les membres de ces communautés se présentent en politique. Lorsque cela se produit, le candidat dès le départ, dispose de nombreux appuis.

Au Québec, hormis quelques exceptions, ces communautés séculières foissonnent et sont généralement perçues de manière positive. Elles sont en quelques sortes, un synonyme de vitalité sociale. On offre  des subventions et même des récompenses officielles, aux bénévoles participant dans ces communautés.   Bref, elles sont appréciées.

Or, à ces communautés séculières, lorsqu’il s’agit de brosser un tableau complet, on en peut faire fi de la présences des communautés religieuses.  Lorsque l’on y réfléchit, ces communautés agissent souvent dans les mêmes sphères d’activités que les communautés religieuses, comme c’est le cas lorsqu’il s’agit d’oeuvres de bienfaisance. Parfois il arrive que les deux communautés collaborent à un projet. C’est notamment le cas, en ce qui a trait aux plus démunis. Bref, les deux types de communautés séculière ou religieuse partagent plusieurs points communs. Toutefois, au niveau de la perception, les communautés religieuses suscitent la méfiance.

Pourquoi? Quelle est la différence entre une  conscience idéologique et une croyance religieuse? Pas grand chose. On peut même faire plusieurs parallèles. Ne pas tenir compte de ces similitudes,en favorisant une conscience par rapport à une autre est contre-productif au niveau social.

Selon des statistiques récentes, plus de 800 000 canadiens fréquentent les banques alimentaires. Les hôpitaux n’arrivent pas à fournir les soins nécessaires aux personnes en fin de vie. Dans un tel contexte, il me semble que l’État devrait plutôt établir des liens avec les communautés, toutes les communautés  dont les missions visent à soulager ceux qui souffrent. Pas le contraire.

Pour les gens qui souffrent, qui ont faim, une personne porteuse d’un symbole religieux peut représenter un phare dans la nuit, un support inestimable. Le sous-sol de l’église devient le lieu salutaire pour s’approvisionner en fin de mois.  Pour  les accompagnants d’une personne en fin de vie,  la chapelle dans l’hôpital représente un lieu de recueil dans la tourmente.  La visite de l’aumônier ou du pasteur à l’hôpital, est un moment  qui permet aux malades et aux familles de se préparer à l’inévitable, la mort. Qu’est-ce qui arrivera à ces espaces religieux et à ces guides spirituels oeuvrant dans les hôpitaux publiques laïcs?

Lors de ce passage ultime vers l’au-delà, le simple citoyen québécois en devrait-il pas pouvoir quitter ce monde en toute quiètude, selon sa conscience, religieuse ou pas?  D’ailleurs, ne serait-il pas le temps de finalement reconnaître l’apport positif actuel des organisations religieuses à la société québécoise?

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