Le futur énoncé de politique du programme de l’école québécoise: aidez-nous à résister à la tentation


Au cours de notre histoire, les grandes orientations du système scolaire québécois ont changé. Pour suivre ces changements, il suffit de jeter un regard sur les documents ministériels. Les énoncés de politique sont révélateurs des aspirations d’un peuple, du moins, de ce qui a transparu lors des grandes consultations publiques.

L’énoncé de politique  de l’école québécoise de 1979 ( Le livre orange), contient les grandes orientations du programme scolaire. Dans le préambule, on dénote une présentation du ministre de l’Éducation de cette époque, Jacques-Yvan Morin. Ce dernier spécifie que l’énoncé de politique est  un recueil des décisions du gouvernement résultant d’un processus sollicitant une réflexion collective amorcée dès 1977 . Les citoyens étant étroitement associés à la mise en place de la réforme scolaire de 1979, on décrit l’approche utilisée en termes de démocratie de participation. Selon les affirmations du ministre, le gouvernement se fait un devoir de respecter les aspirations de la population.  Semble-t-il qu’à cette époque la population s’attendait déjà à ce que la mission de l’école aille au-delà de la simple retransmission des connaissances. Notamment, la conclusion de la présentation du ministre allait comme suit:

Il restera beaucoup à faire , cependant, pour transformer l’école en un réseau de rapports étroits et chaleureux unissant élèves, parents, maîtres et administrateurs, faute de quoi cette école ne saurait être mieux qu’une usine de connaissances (1979, p13)

Lors de la lecture du document, il est possible de constater l’importance accordée à la Charte des droits et libertés nouvellement adoptée par l’Assemblée nationale en 1975. Par ailleurs, malgré le fait que le document ait été rédigé dans une période trouble,  pré-référendaire (1980), les responsables ont su éviter de politiser le programme de formation. Voici une reproduction des pages 17 et 18 du document ministériel de 1979 (L’école québécoise, Énoncé de politique et plan d’action), dans la section intitulée «L’école un lieu ouvert».

La diversité est un fait 

Il suffit de jeter un regard sur le «tous» qui compose la population du Québec, pour constater, à côté de l’homogénéité culturelle qui caractérise une large part de la population, l’existence d’une diversité certaine; diversité des modes de vie, des conceptions de l’éducation et de la culture; diversité au point de vue de la langue, de l’ethnie, des idélologies, diversité des choix politiques.

Cette diversité se retrouve à des degrés variables dans tous les milieux et tout naturellement à l’école.

L’école doit donc répondre à des besoins nombreux, à des attentes et à des exigences diversitifées. Les réactions devant cette situation sont diverses: d’aucuns voient dans la diversité une menace à leurs options et à leurs croyances; d’autres font preuve d’un individualisme qui tente de réduire le monde à leur propre univers; d’autres, enfin, adoptent une position pluraliste, qui valorise la diversité.

La diversité constitue une valeur

De fait, entendu dans sa véritable acception, le pluralisme n’a rien d’un principe qui réduit la diversité à son plus petit commun dénominateur; il est, au contraire, un mode de pensée qui considère la diversité comme une valeur.

Un tel pluralisme, qui donne du relief, couleur et valeur à la diversité dont il reconnaît la richesse et l’originalité, paraît être une condition de la véritable  démocratie, qui repose notamment sur le droit à la différence.

Le milieu scolaire est un des lieux où le pluralisme doit avoir droit de cité et où le droit à la différence doit s’exprimer concrètement.

Le droit à la différence 

Le droit à la différence est implicitement proclamé dans le préambule de la Charte des droits et libertés de la personne, laquelle reconnaît que «tout être humain possède des droits et libertés intrinsèques destinés à assurer sa protection et son épanouissement». Les conditions de l’exercice de ce droit y sont également énoncées: «les droits et libertés de la personne humaine sont inséparables des droits et liberté d’autrui et du bine-être général». 

Situé entre ces balises que constituent les exigences du bien commun, de l’ordre public et de la justice distributive, le droit à la différence ne saurait être ignoré au nom de quelque conformisme niveleur. De fait il ouvre la voie au dialogue et suscite le dynamisme de la solidarité, devant ainsi principe de cohésion sociale et bien de la collectivité. 

Ainsi reconnu, le droit à la différence facilite l’examen de la question des droits des minorités et fournit des éléments précieux de solution.

Le pluralisme ne concerne pas seulement les individus mais aussi les groupes et les communautés. Il fait droit aussi bien aux minorités qu’aux majorités: il les convie à l’acceptation des différences et à la compréhension réciproque; il intègre les richesses de la diversité.

Le droit à la dissidence, recours légitime 

Au droit à la dissidence que chaque individu ou chaque groupe peut revendiquer dans tous les secteurs de l’activité humaine, étant protégés par ailleurs «les droits et libertés d’autrui et le bien-être général», s’ajoute ce qu’il est convenu d’appeler, principalement du point de vue religieux, le droit à la dissidence.

Fondé sur la liberté de conscience et la liberté de religion, le droit à la dissidence, inscrit dans notre droit scolaire dès 1841, est expressément reconnu dans la législation québécoise (Loi de l’instruction publique, articles 71 et suiv.). Comme tel, il accorde à la minorité catholique ou à la minorité protestante d’un milieu donné des pouvoirs scolaires particuliers, dont la portée et l’étendue seront explicités au cours du présent chapitre, lorsqu’il sera question des types d’écoles québécoises.

Il y a lieu d’observer, dès maintenant, que la clause de l’exemption de l’enseignement religieux catholique ou protestant, définie par les comités confessionnels, s’inspire de ce droit à la dissidence, reconnu dans notre législation; c’est dire que le système scolaire du Québec, fait place à ce droit et en détermine les conditions d’exercice.

En 1997, un nouvel énoncé de politique a été rédigé (L’école tout un programme) . Cette fois, c’est la ministre de l’Éducation de l’époque Pauline Marois qui signe la présentation du document. À l’instar de Morin, la ministre Marois réaffirme que les choix traduits par l’énoncé politique sont conformes aux attentes de la population. Ces choix réfléchis résultent d’une long processus de consultations publiques, de débat et de réflexion du Groupe de travail sur la réforme du curriculum. Tout en tenant compte des tendances actuelles en éducation dans les pays occidentaux, les décisons prises tiennent compte de notre contexte culturel.

Parmi les raisons pouvant justifier les prises de décisions, on retrouve le désir de préparer les élèves à l’exercice d’une citoyenneté responsable construite par la transmission et le partage de valeurs communes.

En 1997, l’énoncé de politique éducative en ce qui a trait à la mission de socialisation de l’école reconnaît à nouveau que la société québécoise est pluraliste  (p.9).

Dans une société pluraliste comme la nôtre, l’école doit être un agent de cohésion: elle doit favoriser le sentiment d’appartenance à la collectivité, mais aussi l’apprentissage du «vivre ensemble». Dans l’accomplissement de cette fonction, l’école doit être attentive aux préoccupations des jeunes quant au sens de la vie; elle doit promouvoir les valeurs qui fondent la démocratie et préparer les jeunes à exercer une citoyenneté responsable; elle doit aussi prévenir en son sein les risques d’exclusion qui compromettent l’avenir de trop de jeunes.

En ce qui a trait aux compétences transversales, lorsqu’il s’agit d’éduquer au vivre-ensemble, on dénote la valorisation du respect des différences dans une approche interculturelle (p.19):

les compétences reliées aux attitudes et comportements: l’école proposera une éducation au «vivre-ensemble» et, notamment, l’éducation interculturelle et le respect des différences, l’entrepreneurship, l’éducation au respect de l’environnement, l’éducation aux médias, les règles liées à la conservation de la santé. 

Par rapport au développement de la personne et l’éducation aux valeurs,  l’énoncé réfère à la découverte des valeurs personnelles et l’importance du fait religieux (p.18).

Toutes les activités vécues dans une école tendent vers le développement personnel de l’élève. Mais, dans les programmes d’études, la découverte des valeurs est d’abord confiée à certaines matières, l’enseignement moral et l’enseignement religieux. La connaissance de la présence permanente du fait religieux doit faire partie de l’enseignement moral de façon à ce que les élèves qui ne reçoivent pas l’enseignement religieux ne soient pas ignorants de l’une des composantes importantes de notre civilisation. La préoccupation de l’éducation aux valeurs n’intéresse toutefois pas que ces deux matières. […].

Suite à la lecture de ces documents, il semble évident que l’image de la société québecoise présentée dans le document ministériel est celle d’une société pluraliste, tolérante, respectueuse des différences et du fait réligieux. Le vivre-ensemble se décline à l’intérieur  d’une société où les rapports entre les minorités et la majorité s’exprimaient dans un cadre interculturel. Encore, une fois, les rédacteurs du programme scolaire ont su éviter de politiser les programmes, suite à une période trouble, soit celle du référendum de 1995.

Que diable s’est-il passé depuis 1997?

Comment peut-on passer, en si peu de temps, d’une société tolérante et respectueuse des différences à une société qui ne reconnaît plus le fait religieux? Le  droit à la dissidence religieuse est même remis en question en ce qui a trait au secteur scolaire privé, une tradition de tolérance québécoise qui date de 1841…

Comment s’est-on, sous la plume de quelques mal informés, transformé en «société multiculturelle en danger» alors que le Québec a toujours fait le choix d’une approche interculturelle ? Comment d’honnêtes citoyens, certains de longue date, sont-ils devenus en si peu de temps des tares  intolérables dans la fonction publique?

Où tout cela s’arrêtera-t-il?

En ce qui a trait au prochain énoncé politique et plan d’action de l’école québécoise, on peut se demander quelles seront les grandes orientations ? L’uniculturalisme…l’uniformisme…la pensée unique, le retour à la mémorisation d’une sélection d’événements alignées en fonction d’une perspective politique…

Les responsables du programme arrivont-ils, encore une fois,  à résister à la tentation d’orienter ce dernier dans un courant politique?

Devant l’état des choses, Dieu seul sait ce qui nous attend. Il nous reste plus qu’ à prier pour que R.Martineau et M.B. Côté ne fassent pas partie de l’équipe de rédaction des programmes.

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6 réflexions sur “Le futur énoncé de politique du programme de l’école québécoise: aidez-nous à résister à la tentation

  1. J’imagine que vous faites allusion au projet de Charte, quand vous parlez de non reconnaissance du fait religieux ?
    Faire l’amalgame entre des lois sur l’école et la Charte me semble un dangereux glissement intellectuel.
    Il faudrait quand même préciser que le projet de Charte ne prévoie pas d’interdire des religions, mais d’en limiter une expression vestimentaire, ce qui est quand même assez différent. Vous tombez dans le piège de l’exagération.
    Mais vous avez raison sur un point : les choses ont changé depuis 1997. D’abord un très grand nombre d’immigrants ont été accueillis à Montréal, rendant en une seule génération les écoles de 50 à 95% peuplés d’enfants venus des quatre coins du monde, ce qui n’était pas encore le cas dans les années 70-90. Comme le dirait l’historien et le cinéaste Denys Arcand, en histoire, il y a trois lois : le nombre, le nombre et le nombre. Puis, Il y a eu le choc de sept. 2011, et de nombreuses crises dans la vie civile mondiale du genre les crises des caricatures, des appels au meurtre d’auteurs reconnus comme S. Rushie ou d’objecteurs de conscience ou (rares) dissidents , etc. Chez nous, il y a eu des excès, notamment chez les juifs orthodoxes avec des exigences d’accommodements déraisonnables, et des excès des protestants orthodoxes chez nos voisins du Sud, etc. Malheureusement, ces intégrismes et abus religieux n’ont pas été dénoncés haut et fort par leur communauté modérée. Seul le printemps arabe a récemment délié quelques langues. Ces fondamentalistes ont transporté leur guerre de religion chez nous et sont très habiles dans la culpabilisation, voire l’instrumentalisation du peuple (je pense aux organisateurs de la 1ère manif contre la Charte, par exemple). Malheureusement, ils n’ont pas regardé sérieusement dans leur jardin avant de dénoncer les autres. Pour toutes ces raisons et d’autres, un bri de confiance entre ces groupes et le reste de la société s’est formé progressivement en 15 ans… Depuis 4 ou 5 ans, les Québécois, avertis par quelques immigrantes de tradition musulmane sur les dangers de l’intégrisme (la récente sortie de Fatima Houda-Pepin, par exemple), nous devenons moins naïfs et nous comprenons qu’il faut prendre des mesures pour gérer la diversité, que cela ne se fait plus «naturellement» comme lorsqu’ils étaient moins nombreux et moins guerriers. Quelles seront-elles ? Y a-t-il d’autres solutions plus efficaces ? C’est ce que la débat public et la Commission parlementaire du gouvernement verra, chose que vous omettez de dire dans votre article, dont la conclusion est quelque peu désopilante et contradictoire avec votre propos mesuré de n’y pas faire intervenir les questions partisanes.

  2. L’école est selon la littérature en éducation, un reflet de la société. Depuis le début des années 2000, le programme québécois tenant compte du pluralisme, met de l’avant un courant épistémologique avant-gardiste permettant aux élèves de réfléchir et de formuler par exemple en histoire une opinion raisonnée. Le programme favorise le développement de la raison, une compétence indispensable à la vie dans une démocratie libérale (état de droit). Jusqu’à présent les concepteurs des programmes ont toujours su éviter de tomber dans la partisanerie politique. Par ailleurs, les écoles montréalaises ont toujours accueilli des immigrants en grand nombre. Plusieurs choississaient le secteur anglophone ou les écoles dissidentes. Il y a eu maintes vagues d’immigration ce pour plusieurs générations. Ce n’est que suite à l’adoption de la loi 101, que les enfants des immigrants doivent fréquenter le système scolaire francophone, delà l’impression que c’est un phénomène nouveau. Au point de vue statistique, le seul chiffre que j’ai trouvé dans les statistiques (Canada) c’est qu’il y a 3% de musulmans au Québec.

    Quant à l’accommodement raisonnable, dans un état de droit, c’ est un mécanisme juridique qui renvoie à l’individu, au cas par cas et à la raison. Il y a peut-être eu des dérapages dans ce domaine, si c’est le cas je ne dis pas non à l’imposition de balises. Toutefois, il n’y a eu aucun chiffre de présenter dans ce dossier en grande partie il s’agit d’impressions fondées sur ce qui est véhiculé dans les médias. Les personnes qui ont pignons sur rue dans les médias ne pourraient même pas distinguer les laïcités étatiques. On amalgame le tout sans apporter les nuances qui rendent chaque option unique. Si l’on veut faire des comparaisons qui se tiennent, nous sommes plus prêts du modèle américain au point de vue constitutionnel.

    Dans les années 40-50, nous avons commis des erreurs en suivant les courants internationaux, notamment nous avons créé des camps d’internement pour les personnes d’origine japonaise. Encore, pendant ces années la tendance dans les États du Commonwealth était d’institutionaliser les autochtones. Nous payons encore pour ces erreurs.

    Il y a des fondamentalistes aux Québec, ils ne portent pas tous des signes. Nous avons des lois pour contrer les dangers reliés au fondamentalisme. Nous avons une agence de renseignements et des services policiers. L’interdiction de signes si le but ultime est de contrer le fondamentalisme religieux risque de produire l’effect contraire.

    Au fait, il y a combien de jihadistes canadiens actifs en Syrie qui portent le voile?

  3. C’est vrai qu’il y a encore peu de musulmans au Québec, mais beaucoup plus à Montréal; c’est pourquoi c’est le temps de réfléchir à tout cela pour établir des règles plus claires de neutralité politique et religieuse dans la fonction publique, pour un état visiblement laïc. Par ailleurs, le problème touche tous les fondamentalistes. Je suis d’accord qu’il y a aussi les fondamentalistes québécois et athés, c’est pourquoi il importe de calmer le jeu dans nos discussions publiques. Je crois qu’il n’est pas raisonnable de réclamer la liberté religieuse pour se soustraire aux normes de la vie commune. Or notre tradition ne couvre plus la tête des femmes depuis la colonie. Le pluralisme ne signifie pas nier nos traditions, surtout lorsqu’on parle de poste d’autorité de qui représentent l’État et donc la culture. Dans la rue, c’est autre chose, on accepte même les femmes en niqab ou la burka… Pour ma part ces tenues me provoquent un haut-le-cœur quand je vois des femmes se soumettre à une telle négation de leur corps et d’elle-même, mais je me tais quand je les vois, car je peux comprendre que ça prend un certain temps avant de changer ses habitudes. Et pour s’intégrer et se trouver du travail, c’est pas l’idéal… Néanmoins, on ne voit ces tenues que depuis, quoi, 4-5 ans à Montréal ? On voit tout de suite qu’à l’étranger, cela s’est durci aussi,

    Si je comprends bien, vous semblez dire qu’il n’y a pas de problème d’intégrisme à Montréal ? Parlez-en à Houda-Pépin ou Benhabib qui l’ont connu il y a bien des années… en venant vivre ici. Cette banalisation me fait peur. Tous les petits signes sont là, ils s’infiltrent progressivement; il importe d’y réagir rationnellement, dans un État de droit, comme vous le dites. Il importe de responsabiliser publiquement les personnes potentiellement porteuses de ces intolérances. Je ne tolère pas les intolérants, c’est ma limite. Les lois criminelles nous protègent de l’intégrisme, effectivement. Mais qu’en est-il dans la vie civile ? Saviez-vous que le voile est interdit chez les fonctionnaires, en Tunisie depuis… 1981.
    Pour ce qui est des cas de demandes d’accommodements, ils sont pourtant documentés et nombreux. Si ma mémoire est bonne, la CSMB en avait reçu 400 ou 600 (?), je ne sais plus sur quelle période. Par exemple, j’enseigne moi-même aux immigrants à l’éducation des adultes et il n’y a pas un semestre ou je n’entends pas parler d’une demande pour un local ou lieu de prière pour les musulmans. Mais les direction préfèrent taire ces demandes, car elles savent que si elles consultaient l’équipe-école dans les instances comme les Conseils d’établissement, cela ferait toute une histoire. Les accommodements portent souvent sur un sujet religieux ou encore sur le fait qu’une femme ou qu’un homme donne un service, c’est pourquoi, ces demandes ont si souvent soulevé l’enjeu de l’égalité homme-femme. Or le voile est vu par des musulmanes elles-mêmes comme un symbole d’asservissement collectif de chaque femme. Cela mérite notre plus grande attention. On a clairement besoin d’une loi pour préciser ce que veut dire un État laïc. «Dans le jugement sur la prière à Saguenay, on a vu l’embarras des juges qui ne pouvaient pas se référer à un texte de loi régissant la neutralité de l’État à l’égard du religieux» D. Benhabib, in revue Inter-UQAM, automne 2013

    Quant à savoir quelle(s) mesure(s) limitera et encadrera le mieux possible les dérives obscurantistes, voilà le vrai débat, à mon avis. Mais ne rien faire n’est pas une option, car plus il y aura de signes religieux dans l’État, plus il y en aura dans la société et vice-versa, cela ne freinera aucunement ces mauvaises tendances. En fait, il faudrait se demander collectivement ce qui favorisait le courant moderniste de l’Islam et des autres religions.
    Plus de détail sur http://evemarieblog.wordpress.com/2013/10/01/debat-charte-des-valeurs-quebecoises/

  4. Merci pour votre commentaire. J’apprécie ce dialogue.

    Je ne dis pas qu’il n’y ait pas de problèmes. Selon le Rapport Bouchard Taylor, en 2007 il y avait 2% de musulmans au Québec, ils représentaient 10% des nouveaux arrivants. Cela affecte nécessairement les services offerts aux immigrants.

    Ce que je dis, c’est que l’on procède sans références scientifiques, sans tenir compte de l’encadrement juridique actuellement en place. Montréal ou plutôt certains secteurs tels que Brossard, Dollards Des Ormeaux accueillent plus de musulmans. C’est dans ces secteurs qu’il faudrait voir comment se passe l’intégration. Notamment, il y a une clientèle musulmane appréciable à la Commission scolaire Marguerite Bourgeois.

    Ceci étant dit, la presque totalité des religions accordent une place différenciée à la femme. Conséquemment la hiéarchisation des droits, soit le fait d’accorder plus d’importance aux droits de la femme par rapport aux libertés de conscience et religion porte atteinte injustement à la pratique religieuse des femmes. Afin d’éviter d’entraver ce droit fondamental de la femme de pratiquer sa religion, il faudrait plutôt rechercher un équilibre entre les droits.

    Selon le chercheur, Frédéric Castel, au Québec les femmes voilées sont minoritaires dans l’ensemble des femmes musulmanes. « Et si on peut dire que toutes les femmes fondamentalistes le portent, on peut aussi constater que les trois quarts des femmes qui le portent ne sont pas fondamentalistes». ( Musulmanes et non-voilées-Au Québec plus qu’ailleurs, le port du voile serait une question de choix, Mai 2012, Caroline Mont Petit, Le Devoir)

    Bref, avant de lancer tout ce débat, il me semble qu’un portrait du fondamentalisme religieux musulman au Québec, aurait été utile. Dans ce dossier, le témoignage des survivantes en provenance de pays musulmans, quoique intéressant n’est pas suffissant. Il faudrait également tenir compte de la perspective des chercheurs qui portent un regard moins biaisé sur la situation. En fin de compte, la problématique n’ayant pas été cernée correctement, cela ne permet pas de formuler une solution adéquate.

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