Le politique, la recherche et l’éducation


Est-ce qu’un parti politique devrait pouvoir déterminer le financement de la recherche et  l’orientation des programmes scolaires, ce sans l’approbation de l’Assemblée nationale?

Non.

Pour la toute simple raison qu’un parti politique risquerait de ne pas pouvoir résister à la tentation de privilégier ses intérêts, surtout dans le domaine des sciences humaines et sociales. Notamment, un parti nationaliste pourrait tout simplement orienter les cours d’histoire de manière à favoriser ses orientations. Ou encore, en période où il existe un pluralisme scientifique, ce parti politique pourrait  opter pour une orientation différente de celles  qui est priviélégiée par la majorité des savants ou intellectuels. Outre le fait de modifier un programme scolaire, le politique pourrait également privilégier financièrement les recherches favorables à son orientation particulière. Dans ces conditions non seulement le politique provoquerait un déséquilibre et prendrait le relais du scientifique mais favoriserait un courant idéologique dans les programmes scolaires, ce pour l’instant d’un mandat.

Le problème dans cette approche stratégique réside dans le fait que les partis politiques adverses n’auraient qu’à suivre la même stratégie lors de leur élection. D’abord en s’associant avec des intellectuels en finançant leurs recherches. Ensuite en introduisant dans les programmes scolaires une orientation épistémologique biaisée, bref contestée par la communauté scientifique.

La conséquence de cette soumission de la recherche et des programmes scolaires au politique ferait que les programmes scolaires seraient en perpétuelle refonte. La science étant occultée par le politique.

Pour ces raisons, en période de pluralisme scientifique,  il me semble qu’il faille sauvegarder la recherche et  les programmes scolaires du politique. Bref, le financement de la recherche et les modifications des programmes scolaires devraient être approuvés au préalable par  l’Assemblée nationale. Encore,  pour éviter qu’une orientation scientifique marginale émerge, les médias devraient être formés afin d’être en mesure de nuancer les résultats des travaux en provenance  d’ intellectuels bénéficiant de fonds associés à une orientation politique.

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