À propos de l’abolition des directions régionales


L’idée que le ministre de l’Éducation abolisse les directions régionales plutôt que de s’attaquer à la gouvernance scolaire me laisse perplexe. La première chose qui me vient à l’esprit, c’est qu’au moins les fonctionnaires eux, ne se payent pas des repas aux homards aux frais des contribuables dans un contexte de réduction des dépenses… Les fonctionnaires ne vont pas en Chine sans avoir à remettre un compte-rendu de leurs dépenses… Les fonctionnaires font preuve de transparence, ils savent rédiger un rapport… Ils connaissent la LIP…Les fonctionnaires ne visent pas à se présenter en politique provinciale ou fédérale…Les fonctionnaires ne jouent pas au golf avec les fournisseurs de services…

Mais lorsqu’on y pense, c’est vrai qu’il est bien plus facile d’abolir des postes de fonctionnaires que les commissions scolaires.  Il n’y a pas de groupes de pressions qui défendent bec et oncles les directions régionales.Des groupes de pressions qui votent d’un bord plutôt que de l’autre. Cette fois du bord du gouvernement libéral.  Malgré cela, je me questionne sur le choix d’ abolir les directions régionales alors que bien d’autres entités pourraient être éliminées. Pourquoi les directions régionales?  Est-ce  qu’on pense qu’en les éliminant cela mettra fin au mécontentement de la population envers les commissions scolaires?

À mon avis, ce ne sont pas les directions régionales qui posent problème mais c’est la philosophie ministérielle dans son ensemble qui mériterait d’être revue. Les directions régionales font partie d’une ensemble très lourd, derrière lequel on dénote un besoin de contrôle gouvernemental. Notamment si on prend l’organigramme du MELS   ( aller à «outil de recherche», inscrire organigramme)  on dénombre une quantité effroyable de personnes qui s’occupent de dossiers dont on pourrait probablement se passer.

Dans ce mégasystème  ultra structuré, les 11  directions régionales jouent un rôle aussi important que tout les autres entités. Selon le site ministériel, les directions régionales

« veillent à l’application des politiques, des programmes et mesures ministériels et gouvernementaux. Elles agissent comme interlocuteurs de premiers plan auprès des milieux scolaire et culturel de leur territoire respectif. De plus, les directions régionales sont conjointement responsables du programme La culture à l’école.

La Politique culturelle du Québec, adoptée par le gouvernement de 1992, a fait du rapprochement de la culture et de l’éducation un moyen incontournable de démocratisation.»

 

En coupant ce pan de l’organigramme, non seulement c’est tout l’ensemble qui sonne faux mais encore on coupe une structure dont le rôle vise à s’assurer de l’application des programmes ministériels ! C’est pas important cela?

Si le ministre de l’Éducation est sérieux, plutôt que de créer un déséquilibre dans ce système  voici ce que je lui propose: se détacher de la philosophie existante. Couper presque tout et mettre l’accent sur la pédagogie en redevenant un ministère de l’Éducation.  Un vrai.  Ne garder que  la section concernant le développement pédagogique et les sous sections suivantes:  enseignement privé, admissibilité à l’enseignement en anglais et sanctions des études». Faire adopter dans les écoles une approche gestionnaire similaire à ce qui se fait dans le privé en formant mieux les directions d’école et en investissant dans la gouvernance à l’école.

Abolir la taxe scolaire et revoir le financement des écoles.

Remettre le développement régional, sportif et culturel aux municipalités. Le volet recherche et la confection des programmes seraient une responsabilité  des universités. Pourquoi ne pas créer un Institut indépendant tel que l’on retrouve en Suède?  Ici, rien n’empêcherait les écoles autonomes de créer des partenariats avec les municipalités et les universités. Cela permettrait de mettre fin au dédoublement de services, de mieux coordonner la recherche.

Au fond, ma proposition n’est rien d’autre qu’un retour à la mission de base d’un ministère de l’Éducation, éduquer.

Comment tout ceci coûterait-il? Et bien,  on pourrait demander la question aux responsables de la réduction de la bureaucratie au ministère…Au fait, est-ce que le ministre Bolduc les a consultés?

 

 

 

 

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