La philanthropie à la rescousse de l’école publique


Chacun porte en soi son plus grand ennemi

Philippe Quinault

 

Une vidéo «Les leçons du privé» trouvée en ce 23 mai 2014 sur le site internet de La Presse permet de comprendre les changements opérés par les responsables d’une école publique afin de regagner la confiance des parents du quartier Ville Mont-Royal. Selon les dires de la direction, il y a cinq ans, il n’y avait que 3 élèves, fréquentant les écoles primaires du quartier, inscrits dans cette école. Devant ce triste constat, la direction a questionné les parents des élèves fréquentant les écoles publiques primaires afin de comprendre pourquoi, ils ne choisissaient pas l’école publique secondaire située dans  leur quartier. Les parents s’inquiétaient du manque d’encadrement entre les cours et après les heures de classe, ils désiraient des activités parascolaires et de l’aide au devoir. La direction leur a donc offert plus de surveillance, plus d’activités parascolaires, plus de choix académiques et une école rénovée. En fait, repeinte et remeublée.

Cinq ans plus tard, l’école refuse entre 300 et 400 élèves à chaque année. Le nombre d’élèves du quartier inscrit à l’école est passé de 3 à 50.

Cette école est située sur le territoire de la CSDM. Oui la Commission scolaire de Montréal, celle dont une partie du parc immobilier est couvert de moisissures…

La première question qui m’est venue à l’esprit est la suivante: comment cette école, dans un contexte de coupes budgétaires, a-t-elle pu se payer ces améliorations? Et, bien j’assume que c’est  grâce à la fondation de l’école.

En principes, on devrait se réjouir de l’arrivée des fondations à la rescousse de l’école publique. Un partenariat public-privé pour le bénéfice des parents et des élèves. Peut-être que c’est cela le futur de l’école publique?. Toutefois, il me semble qu’il y ait des risques d’accentuer les inégalités sociales. Une fondation située dans une école d’un quartier riche, n’est-elle pas avantagée? Comment blâmer les responsables lorsque les écoles situées dans les quartiers pauvres font la même chose?

Au fur et à mesure que le nombre d’écoles « projets spéciaux»  croisse, il me semble qu’on assiste à la disparition tranquille de l’école de quartier. Ce ne sont plus les jeunes du quartier qui  fréquentent  l’école publique qui sélectionne les élèves en provenance d’un peu partout. Les parents défrayent les frais des activités parascolaires. Une partie du budget opérationnel de l’école provient de la charité. Bref, on est bien  loin de cet idéal d’une école publique financée par les taxes prélevées auprès des citoyens d’un quartier où les enfants des gens qui votent ensemble vont à  la même école…

Or, ce genre d’école ne risque pas de disparaître de sitôt.  D’une part, certaines écoles de quartiers perdent leurs élèves qui optent pour le privé. Il en va de leur survie. D’autre part,  dans un contexte de coupes budgétaires successives, il faut s’attendre à une prolifération des fondations.  Il serait peut-être opportun que les Facultés d’éducation tiennent compte de cette tendance et que l’on offre des formations à ce sujet. Qui sait, pourquoi pas une chaire de recherche? À défaut de financement public, on pourra toujours lever des fonds…

 

 

 

 

 

 

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