Le matériel scolaire: le temps est-il venu de revoir les pratiques?


 

 L’élève, autre que celui inscrit aux services éducatifs pour les adultes, a droit à la gratuité des manuels scolaires et du matériel didactique requis pour l’enseignement des programmes d’études jusqu’au dernier jour du calendrier scolaire de l’année scolaire où il atteint l’âge de 18 ans, ou 21 ans dans le cas d’une personne handicapée au sens de la Loi assurant l’exercice des droits des personnes handicapées en vue de leur intégration scolaire, professionnelle et sociale (chapitre E-20.1). Cet élève dispose personnellement du manuel choisi, en application de l’article 96.15, pour chaque matière obligatoire et à option pour laquelle il reçoit un enseignement.

 

Ce droit à la gratuité ne s’étend pas aux documents dans lesquels l’élève écrit, dessine ou découpe.

 

Les crayons, papiers et autres objets de même nature ne sont pas considérés comme du matériel didactique.
Article 7 de la Loi sur l’instruction publique

 

Isabelle Maher du  journal de Montréal, rapporte ce matin que la direction de l’école Antoine-Brossard a embauché une agence de recouvrement afin de trouver les fonds destinés à défrayer les coûts du matériel scolaire. Les frais exigés aux parents pour les deux dernières années s’élevaient à 305$ et à 290$. De plus, comme si cette pression  n’était pas suffisante, une élève de l’école, dont la  famille éprouve des difficultés financières, se voit privée de son bal de finissants.  À la lecture de cet article, je ressens un malaise.

D’une part, le choix de la direction de pénaliser la jeune fille en la privant de son bal de finissants m’interpelle. Pourquoi? N’aurait-il pas été possible de proposer à la jeune fille des alternatives telles que de faire des travaux communautaires à l’école? Encore, comment se fait-il que le conseil d’établissement n’ ait pas un fonds de secours destiné à aider les parents dans le besoin?

D’autre part,  il me semble dénoter des abus quant à cette tendance  d’exiger des frais pour le matériel scolaire. Ces frais augmentent à chaque année. Dans certaines écoles publiques, outre la liste de matériel scolaire on exige carrément des frais de scolarité. La liste des frais  inclut de plus en plus d’entrées telles que : sorties pédagogiques, chandail, photocopies, frais pour la maintenance des instruments de musique, etc.

Devant l’état des choses, il semble que  la loi sur l’instruction publique soit désuète. Notamment à l’origine, l’esprit de la loi visant, peu importe leur statut économique, à ce que tous les élèves  soient égaux en fait de matériel scolaire. Il faut se souvenir que les premiers manuels scolaires contenaient des exercices  intégrés dans le livre. Donc pas de frais supplémentaires.  Cependant, avec le temps bien des choses ont changé.

D’abord,  l’esprit mercantile semble avoir remplacé l’esprit de justice sociale à l’école.  Les fabricants de manuels scolaires ont vite compris qu’il serait profitable de séparer la théorie de la pratique, ils ont produits des cahiers d’exercices qui accompagnent les manuels scolaires. Il arrive parfois que plus d’un cahier d’exercices accompagnent un manuel scolaire. Puisque  les élèves utilisent les cahiers, des responsables ont décidé que les parents défrayeront la  note.

Ensuite, comme le même manuel peut servir pendant 10 à 20 ans, l’enseignant a tendance à supplémenter le manuel et les exercices en recourant à des photocopies. En principes, les parents ne devraient pas payer le matériel didactique mais dans bien des établissements la loi n’est pas respectée. Les parents sont appelés à contribuer. Même si c’est interdit, en début d’année scolaire, plusieurs écoles exigent que les parents paient les frais de scolarité avant d’obtenir l’horaire de leur enfant.

Puis, les avancées au niveau technologique font que l’ équipement scolaire se complexifie : bâtons de mémoire, disques durs, portables sont devenus indispensables ou presque à l’école. Encore une fois, parce que les élèves utilisent ces outils, les parents paient.

Par ailleurs, outre ces frais exigés aux parents, il  arrive que des manuels scolaires ne soient pas disponibles dans certaines disciplines, c’est le cas lors des réformes scolaires. Du côté anglophone, il est souvent difficile de trouver un éditeur acceptant de produire des manuels destinés à la clientèle québécoise.

Bref, l’esprit mercantile, le non respect des lois, les innovations technologiques, l’absence de manuel scolaire pour chaque discipline constituent des facteurs contribuant à gonfler la note présenter aux parents. Plus les frais augmentent, plus on s’éloigne de l’esprit de la loi.Voilà pourquoi, je pense qu’il serait temps de réfléchir à ce qui se passe. On pourrait commencer par voir ce qui se fait en Suède. Dans ce pays, le gouvernement défraie l’entièreté du matériel utilisé par les élèves ( manuel, cahiers, crayons, etc.)   tout en fournissant un dîner gratuit à tous les élèves ce pour à peu près le même coût qu’ici…

 

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