Élections scolaires: voter ou ne pas voter, là est la question


Finalement, à quelques jours des élections scolaires, les grands journaux s’intéressent aux élections du 2 novembre. Il est possible de lire l’opinion de personnalités diverses à ce sujet dans le journal de Montréal. Les personnes qui émettent leur opinion sont francophones. De ce groupe la  très grande majorité n’ira pas voter. Du côté anglophone, il y a eu plusieurs lettres d’opinions publiées dans le quotidien la Gazette de Montréal appelant les gens à voter. Déjà, il semble qu’il y avait affluence pour le vote par anticipation dans les commissions scolaires anglophones.

Personnellement, je suis encore perplexe: voter ou ne pas voter?

D’une part, voter pourrait conduire à améliorer le système.  Il me semble encore possible, avec des changements, d’améliorer la situation. Pour cela, il faudrait revoir certaines manières de faire: la reddition de comptes; le statut de l’ombudsman et de la personne chargée d’étudier les dossiers éthiques à la commissions scolaire ; le rôle du MELS dans les dossiers litigieux.

D’abord, il existe des problèmes reliés au manque de transparence dans les commissions scolaires. Ces problèmes pourraient être atténués en imposant à l’échelle provinciale des gabarits universels pour la reddition de comptes. Il faudrait aussi porter une attention particulière aux commissions scolaires qui entretiennent des partenariats publics-privés en exigeant des informations supplémentaires. Il en va de même pour les écoles. Surtout ces écoles qui collaborent avec des organismes de bienfaisance. Dans ces commissions scolaires et dans ces écoles, une attention particulière devrait être portée à l’obligation de déclaration d’intérêts. L’application des sanctions prévues à la Loi sur l’instruction publique devrait être possible.

Pour le moment, c’est difficile de mener une plainte à terme avec succès. Les pouvoirs de l’ombudsman sont très limités. Pour être efficace, il faudrait qu’il soit indépendant. Le fait qu’il soit engagé par la commission scolaire est désastreux. Il en va de même pour le responsable chargé d’étudier les problèmes éthiques à la commission scolaire. Il est payé par la commission scolaire. Dans les deux cas, la publication d’un «mauvais» rapport peut mener à la non réembauche. Encore, dans certaines commissions scolaires le président agit également à titre de président du comité d’éthique… Essayer donc de porter plainte ici. Bref, selon toute vraisemblance, il existe des problèmes quant au traitement des plaintes. Pour élucider ce qui se passe et apporter des améliorations, une enquête ou une étude devrait être faite sur: le nombre de plaintes qui est déposé dans les commissions scolaires;  la nature de ces plaintes;  le pourcentage des plaintes qui font l’objet d’un traitement; le pourcentage des décisions prises en faveur de la commission scolaire.

De surcroît,  le MELS, avant l’arrivée de Yves Bolduc, ne semblait guère porter attention aux dérogations à la Loi sur l’instruction publique. Les rapports annuels du Protecteur du citoyen, souligne ce manquement. Pour obtenir justice,  dans plusieurs dossiers impliquant des commissions scolaires, il a fallu que les plaignants aillent porter plainte à d’autres organismes gouvernementaux. Ce fut le cas, lorsqu’une commission scolaire a ouvert des garderies illégales. En effet, c’est le ministère de la Famille qui est intervenu et a obligé la commission scolaire de fermer ses garderies. Tout ceci est connu, plusieurs rapports indiquent des problèmes, mais il semble que lorsqu’il y ait des consultations publiques, les mémoires déposés par les responsables des commissions scolaires et les groupes d’intérêts aient plus de poids que d’autres. Notamment, ce sont les commissions scolaires qui ont insisté pour que l’ombudsman se rapporte à la commission scolaire.

D’autre part, ne pas voter enverra un message au gouvernement. Du côté anglophone, ce message risque d’être contrôlé par des groupes d’intérêts, c’est un problème. Ces groupes entretiennent une confusion entre la représentativité du monde scolaire et celui du groupe anglophone (un  problème relié à l’instauration des commissions scolaires linguistiques). Autoproclamés en tant que défenseurs de la communauté anglophone, ces leaders scolaires  prennent la parole sur la place publique au nom de la communauté anglophone. Ce malgré que près de 25% des enfants anglophones  se dirige vers le secteur privé ou francophone; malgré qu’il n’existe pratiquement plus d’écoles anglophones, elles sont devenues bilingues ou proposent un programme d’immersion. De plus, bons nombres de citoyens anglophones paient leurs impôts dans les commissions scolaires francophones. Les citoyens anglophones qui ne paient aucun impôt, n’ont pas de contact avec la commission scolaire. Plusieurs enfants de familles anglophones fréquentent le secteur francophone en raison de la loi 101.  Peu importe, le message qu’on envoie à la population reste le même, la disparition des commissions scolaires anglophones serait une catastrophe, la perte d’un droit constitutionnel, la perte du dernier vestige de la représentativité de la communauté anglophone.  Dans ces conditions, avec un tel message il n’est guère étonnant que les citoyens anglophones se rendent aux urnes. Toutefois, ces mêmes leaders ne le diront pas, mais ce sont eux qui ont mis fin aux écoles anglophones en les remplaçant par des écoles bilingues ou d’immersion pour plaire aux parents. Bref, on se proclame défenseurs officiels de la communauté anglophone alors que dans les faits, on promeut le bilinguisme dans les écoles.

Pour régler ce problème de représentativité et mettre fin à cette confusion, je suis de l’avis que l’on devrait changer l’appellation des commissions scolaires anglophones et les rebaptiser pour ce qu’elles sont devenues soient des commissions scolaires bilingues. Ceci permettrait aux responsables de se concentrer sur leur mission scolaire, celle pour laquelle ils sont élus.

Vais-je voter ou ne pas voter? Disons que je vais voter, mais dans mon cas, mon vote est loin d’être un appui au statu quo.

 

 

 

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