Des commissions scolaires bilingues : pour donner une voix aux oubliés de 1997


Les commissions scolaires linguistiques sont très récentes. Leur apparition coïncide avec la déconfessionnalisation du système scolaire. En cette occasion, les décideurs ont redivisé le territoire scolaire  en deux groupes linguistiques ( les anglophones, les francophones) et un groupe multi ethnique (les autochtones). Ainsi, du jour au lendemain, les responsables des écoles ont eu la lourde tâche de déterminer leur mission scolaire en recourant à la démocratie. Dans ce cadre, le choix des valeurs devait revenir aux parents de l’école et au personnel.

Selon ce que j’ai observé, il semble que dans plusieurs écoles francophones, cet idéal s’est réalisé. Par contre, du côté anglophone, c’est loin d’être le cas.

Plusieurs groupes d’intérêts gravitent autour de la commission scolaire et des écoles. Certains de ces groupes parlent au nom des parents.  La mission de ces groupes, toute la même,  consiste à défendre le droit des anglophones. Ces organisations grugent des ressources financières provenant des gouvernements fédéral et provincial. Certains élus à la commission scolaire, se croient également investis de cette mission. Pour cette raison, ils dépensent du temps, de l’énergie et des fonds publics à la défense des droits des anglophones. Pendant ce temps, la qualité des services offerts à la commission scolaire n’est pas toujours adéquate. Parmi les services déficients, on dénote l’enseignement du français. Tout ceci malgré que les responsables à la commission scolaire se targuent d’avoir atteint des taux de succès élevés.

Or, selon les statistiques disponibles, près de 49% des couples de la ville de Beaconsfield, comptent un parent francophone.  Ces familles et bien d’autres, tiennent à un enseignement de qualité dans les deux langues. Ils aimeraient que les élus se concentrent sur l’ amélioration des services offerts en français.  Notamment, il n’y a pas de classe d’accueil dans les écoles. Les élèves provenant des autres provinces ou d’ailleurs dans le monde n’ont pas accès à de véritables services de francisation. Ils ont droit à quelques semaines de formation, après les heures de classe (il m’a été impossible de connaître le niveau de formation du personnel offrant les cours, ce personnel est engagé par une firme privée). Les élèves qui ont des difficultés au primaire (souvent en raison de la faiblesse de leur français dans ces écoles bilingues ou d’immersion)  sont placés sur des plans d’intervention éducatifs avec plus ou moins de suivi (près de 40% dans une classe de l’école primaire), plusieurs de ces jeunes semblent échappés aux statistiques. Les élèves qui sont francophones font l’examen de français langue seconde. Au primaire, plusieurs enseignant(es) ne maîtrisent pas le français.  Lorsque questionnés à ce sujet, les responsables croient que les parents insatisfaits n’ont qu’à embaucher des tuteurs…

Il me semble que l’on instrumentalise la commission scolaire au service de la défense de la langue, ce alors qu’il existe déjà bon nombre d’organisations qui s’en chargent. Pendant ce temps, on fait l’autruche quant à l’enseignement du français, préférant conclure des ententes avec des pays étrangers afin d’ouvrir des écoles internationales. Près de 25% des familles qui pourraient fréquenter les écoles de la commission scolaire optent pour le privé ou pour les écoles francophones. Si ces tendances se maintiennent, en raison des graves problèmes démographiques, il y aura un jour plus d’élèves étrangers qu’anglophones…

Devant l’incapacité des élus actuels d’offrir un service de français de qualité et ce qui semble être un manque d’intérêt de leur part, pourquoi, ne pas tout simplement créer des commissions scolaires bilingues? Ces commissions scolaires offriraient des services de qualité: l’enseignement du français langue maternelle à leurs élèves; des classes d’accueil ; des enseignants qualifiés. Non seulement cela permettrait d’assurer un enseignement de français en tenant compte du potentiel des élèves mais encore, comme ces écoles offriraient le cours de français langue maternelle on pourrait leur permettre  d’accueillir des élèves issus de l’immigration. Peut-être ainsi soulager, les commissions scolaires francophones environnantes qui sont surchargées?

En ce qui a trait à la défense de l’anglais ou du français, les familles désirant s’impliquer au niveau politique fréquentant les commissions scolaires bilingues pourraient tout simplement se joindre à des groupes d’intérêts voués à ces causes. Ces groupes existent déjà.

On reconnaît bien le droit à l’autodétermination des groupes ethniques mixtes, notamment les Métis, pourquoi ne pas reconnaître celui des familles bilingues?

 

 

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