Comités exécutifs glonflés: commissions scolaires Marie-Victorin et Lester B.Pearson


Dès la première réunion de leur conseil respectif, les conseillers de deux commissions scolaires (Marie-Victoin, voir l’article de L.Leduc; Lester B.Pearson, rencontre de novembre) ont entériné des résolutions visant à former un conseil exécutif auquel la majorité des conseillers appartiendront pour l’année en cours. Le salaire des conseillers à la Commission scolaire Marie-Victorin passera de 9 416,53$ à 10 746,44$. Une augmentation de 14% en cette période austère. Pour l’année scolaire en cours, c’est  près de 22 000$ de plus qu’il faudra amputer du budget de la Commission scolaire Marie-Victorin afin de payer les  membres du conseil exécutif. Évidemment, le ministre Bolduc dénonce la situation, mais est-ce vraiment aussi grave?

Il faut dire, qu’en raison de la réduction du nombre des conseillers, la tâche de ces derniers augmente de manière considérable.  En effet, ces derniers devront siéger dans plusieurs comités. Même s’ils reçoivent des compensations pour leur participation, c’est pas beaucoup si on compare ces sommes avec les autres élus aux niveaux provincial et fédéral. De plus, même si ce travail n’ est pas considéré comme un travail à temps plein, plusieurs élus y consacrent beaucoup de temps, certains font même carrière à la commission scolaire. Il n’est pas rare de voir, des anciens président(e)s de commissions scolaires, fort de leur expérience ou de leur popularité, se lancer en politique provinciale ou fédérale. C’est vrai qu’en fin de carrière politique cela permet de recevoir un meilleur salaire et peut-être d’obtenir une pension, bien méritée après toutes ces années passées en politique.

Au fait, comment se fait-il que les élus scolaires soient si mal traités: des salaires minables, pas de pensions et pas de compensations? Au point de vue professionnel, il semble que c’est le dernier endroit où un politicien de talent, qualifié, populaire voudrait oeuvrer, non? Au bout du compte, on peut se demander si les conditions de travail actuelles sont conductrices à une bonne gestion de la commission scolaire? Je ne pense pas, parce que ces conditions deviennent une barrière au recrutement de talent. D’ailleurs, on peut penser que le traitement des élus scolaires conduit également à plusieurs dérapages: manque de relève, hégémonie, manque de transparence, dépenses superflues (compensations pour travail mal rémunéré), manque de volonté pour mobiliser la population, incapacité de jouer un rôle politique, etc…

Ne sommes-nous pas rendus à faire un choix: maintenir ce système boiteux ou tourner la page ?

Pourquoi ne pas viser pour la qualité, l’efficacité, l’équité? Si on veut de la qualité, soit qu’on offre des conditions acceptables aux élus afin de recruter les meilleurs ou bien qu’ on abandonne l’idée de la démocratie au niveau de la commission scolaire. Dans ce cas, on les transforme en centres de services gérés par un personnel compétent., formé en administration bien au fait de la Loi sur l’instruction publique, efficace.  De toute façon, comme il n’y a pas de parti politique, pas d’opposition,  les élus scolaires, qui bien souvent n’ont pas de formation, passent leur temps à administrer, ce dans un climat d’incertitude et de précarité. Par ailleurs, en éliminant les biais politiques, on pourrait à mon avis rendre les commissions scolaires plus équitables en les soumettant aux mêmes règles du jeu.

En ce qui a trait aux écoles, il faudrait surtout pas être naïfs et croire que l’exercice de la démocratie y serait mieux. Arrêtons de nous leurrer, ce sont les enseignants et leur syndicat qui dictent la voie à suivre. Les parents n’ont aucune chance contre l’ordre établi. C’est pourquoi, je pense que les comités de parents devraient négocier directement avec le syndicat. Il devrait également demander une reddition de comptes à ce dernier. Entre-autres comment se fait-il que les pouvoirs et fonctions des parents, tels que prévus par la Loi sur l’instruction publique (LIP), ne sont pas respectés? Comment, le syndicat des enseignant(e)s peut-il légitiment outrepasser la LIP et delà ne pas respecter  les chartes canadienne et québécoise; les conventions internationales qui protègent le droit des parents en ce qui à trait à l’éducation de leurs enfants?

Bref, 22 000$, à partager entre une dizaine de conseillers dont la tâche augmente de manière considérable, semble bien peu lorsque l’on apprend qu’une ministre libérale dépense près de 35 000$ pour la location d’un bureau ou encore un autre ministre aménage un bureau pour près de 230 000$. Il y a bien d’autres problèmes plus pressants dans les commissions scolaires qui mériteraient notre attention, au premier chef l’exercice de la démocratie en milieu scolaire.

 

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