La discrimination économique à l’école publique: une pratique bien implantée


Ce matin, un article de Pascale Breton m’interpelle. D’après ce qu’elle véhicule dans son article, je me dis «elle ne doit pas avoir d’enfants; si elle a des enfants ils doivent être jeunes; ses enfants ne fréquentent certainement pas le secteur anglophone public». Les sorties éducatives ne sont que la pointe de l’iceberg, en ce qui a trait à la discrimination économique à l’école publique. Voici d’autres exemples.

D’abord, de nos jours, sur le territoire de la Commission scolaire Lester B.Pearson, il semble que toutes les écoles secondaires et quelques écoles primaires offrent un projet spécial quelconque. Qui dit projet spécial, dit coûts. Dans le meilleur des cas, les parents auront à défrayer le coût d’un ordinateur portable afin que leur enfant puisse fréquenter le programme enrichi de l’école. Dans d’autre cas, entre-autres, le sport-études, comme ces activités se déroulent après les heures de classe, on exige des frais exorbitants (entre 2000$ à 5000% par année). Ici, la capacité de payer du parent importe plus que les habilités des élèves. Pour ceux qui n’en ont pas les moyens, il reste toujours les programmes réguliers. Peu importe le potentiel de l’élève, au bout du compte c’est surtout la capacité de payer  des parents qui déterminera le futur de l’élève.

Mais pourquoi diable, des responsables d’une commission scolaire publique prendrait un tel virage? Ici,  la compétition féroce du côté anglophone avec le secteur privé, ce dans un contexte de baisse démographique, peut fournir, du moins en partie,  une explication au choix de la «communauté». Selon les responsables, l’implantation massive de projets spéciaux relève d’un choix de la communauté.

Or, il faut savoir que le parent, est peu mentionné à la commission scolaire, les responsables préfèrent le terme «volontaire» ou  encore mieux le terme «communauté». C’est en fait, « la communauté» qui décide à la commission scolaire. Peu importe la Loi sur l’instruction publique ( la décentralisation des pouvoirs vers les parents), les chartes, les conventions internationales qui spécifient que les parents ont le droit de choisir le type d’éducation qu’ils désirent: à la Commission scolaire Lester B. Pearson, c’est un choix de la communauté. Ici, le terme semble référer aux membres des associations locales, aux fournisseurs de services,  aux enseignants, aux directions et à la commission scolaire. Tout ce monde participent aux prises de décision. Le  parent, en particulier celui qui ne fait pas partie de l’association n’a qu’à bien se tenir. Bref, l’effacement d’une bonne partie des parents dans la prise de décision, en particulier les moins bien nantis ou ceux qui ont à coeur le principe d’égalité ou équité,  pourrait expliquer les choix présents.

Lorsque l’on interroge les responsables quant à  cette présence importante de projets spéciaux, les responsables et plusieurs parents répondent que c’est cela la démocratie scolaire: les parents peuvent choisir leur école… Ils n’auront qu’à défrayer les coûts du transport, s’ils n’habitent pas dans la zone permise. Les parents moins bien nantis n’ont qu’à fréquenter l’école de leur quartier.  Si l’enfant est refusé dans le programme de son choix, il n’a qu’à s’inscrire au programme régulier. 

Ensuite, il ne faut surtout pas compter sur  le conseil d’établissement ou l’organisation de participation parentale pour faire bouger les choses. À mon avis, ces entités n’existent pas à la commission scolaire, du moins pas telles que définies par la Loi sur l’instruction publique. En effet, surtout au primaire dans bien des écoles, un mode de gouvernance alternatif semble avoir pris forme.  La «communauté» de l’école se réunit lors de rencontres mensuelles. Ce groupe est composé des représentants des membres associés au sein d’une organisation caritative, un représentant des enseignants et la direction de l’école qui agissent en tant que comité de parents. Outre les activités légitimes de l’organisation caritative, cette dernière s’occupe en sus des activités financières de l’école (collectes de fonds, ententes contractuelles)  et activités extra scolaires (qui servent au financement, grâce à une surcharge pour les activités). Les revenus sont déposés dans un compte bancaire indépendant.  Au pire le conseil d’établissement est informé des choix, au mieux il doit entériner les décisions. Les collectes de fonds pullulent à l’école. Comme ces activités se déroulent à l’école, pendant et après les heures de classe, les élèves moins bien nantis sont souvent exclus. Outre, les offres de produits, les élèves peuvent participer à des activités payantes pendant et après les heures de classe. Ces événements sont sources d’iniquité entre les élèves.

Lorsque interrogés sur cette tendance à collecter des fonds pendant les heures de classe, les responsables prétendent qu‘il n’y a pas de discrimination puisque les familles moins bien nanties (environ 5, dans mon école) reçoivent de l’aide. Les parents ont tout de même le choix de ne pas participer à ces activités payantes. C’est cela la démocratie scolaire…Au fond, qui oserait se plaindre puisque tout le monde en profite, les fonds recueillis servent à l’achat de matériel technologique...Dans un contexte de coupes budgétaires successives, cette tendance à collecter des fonds à l’école ne risque pas de s’atténuer.

Il n’y a pas à dire, du côté anglophone, la compétition avec le privé, la baisse démographique et la place inéquitable accordée aux parents,la collaboration du personnel de l’école contribuent à l’implantation de pratiques discriminatoires envers les élèves. L’exercice de la démocratie, en ce qui concerne les parents, se résume à choisir une école et à choisir de participer ou pas aux programmes et activités offertes. Dans ce cadre, la place du parent à l’école consiste à se porter volontaire à l’école, à se joindre à l’association et à contribuer positivement.

Le comble dans tout ceci,  c’est qu’une bonne partie des parents, surtout les membres associés trouvent cette manière de faire formidable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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