La place des parents à l’école et à la commission scolaire


Ce matin dans la section opinion du Journal de Montréal , il est possible de lire  la lettre d’un retraité du monde de l’éducation, Louis Dion. Ce dernier invite la ministre Blais à tout simplement abolir les commissions scolaires. Avant de remplacer le modèle de gouvernance actuel dans les écoles, il suggère une réflexion en profondeur. À cette fin,  il fait quelques suggestions. Il met  le ministre en garde quant aux apories possibles reliées au fait d’accorder plus de place aux usagers. Citant le modèle des CPE, il réfère à l’incapacité des usagers et du personnel de gérer avec rigueur  les fonds du gouvernement. Je ne suis en désaccord avec cette dernière affirmation. Voici pourquoi.

D’abord, il n’est pas question d’abolir la structure actuellement en place mais de la modifier en accordant plus de place aux usagers présentement absents (membres du personnel) ou impuissants (les parents commissaires n’ont pas le droit de vote).  Le conseil scolaire qui potentiellement remplacera le conseil des commissaires réservera la moitié des sièges  aux parents et au personnel des écoles. Il n’y a rien d’inquiétant ici,  si on dresse le profil des commissaires oeuvrant dans les commissions scolaires, un bon nombre sont d’anciens parents, enseignants, directeurs, consultants. Bref, ils ne sont pas tous des administrateurs qualifiés et chevronnés. Toutefois, ils peuvent compter sur le support d’une équipe de professionnels oeuvrant à la commission scolaire.

Ensuite, dans le cadre du débat actuel, il faut se rappeler que peu importe les décisions, il existe un cadre juridique à considérer. Ce cadre guide ou limite les choix. Entre-autres plusieurs traités internationaux ratifiés par le Canada, protège le droit des parents à choisir le type d’éducation qu’ils désirent pour leur enfant. Suite à la déconfessionnalisation du système scolaire et  la perte de valeurs religieuses communes partagées par les parents, il importe d’inclure les parents dans  la prise de décisions afin de trouver des points faisant consensus permettant de déterminer les orientations de l’école. À partir de 2000, les dispositions de la Loi sur l’instruction publique (LIP) tenaient compte de cette place que devait occuper les parents.

Or, malgré les nouvelles dispositions de la LIP, la décentralisation des pouvoirs de l’État  en faveur des écoles québécoises ne s’est jamais concrétisée, ce dans plusieurs commissions scolaires. Plusieurs rapports portant sur la gouvernance le soulignent. Les commissions scolaires contrôlées par les membres de la communauté prennent des décisions sans consulter ou se soucier des parents. Dans certaines commissions scolaires, il n’existe pas de formations adéquates pour les parents qui pourraient leur permettre de mieux comprendre leur rôle et d’exercer pleinement et de manière autonome  leurs fonctions et pouvoirs à l’école. Trop souvent, les parents sont écartés de la prise de décision au sein des conseils d’établissements.

Dans les commissions scolaires anglophones, la situation est telle que  le droit constitutionnel de la communauté de gérer ses écoles s’oppose à celui des parents de choisir le type d’éducation qu’ils désirent. La communauté et tous les groupes d’intérêts qui en général visent la défense des droits linguistiques se manifestent à chaque occasion. Il y a même un groupe indépendant qui prend la parole au nom des parents et oeuvrent dans la sphère des pouvoirs parentaux dans les écoles. Et que penser d’un comité de parents dont les membres ont suivi une formation bidon élaborée par une commission scolaire contrôlante?

Somme toute, dans la réflexion en cours, il faut bien comprendre que les parents, ont le droit de choisir le type d’éducation qu’ils désirent pour leur enfant. Une fois que cela est compris, le nouveau mode de gouvernance doit non seulement continuer à porter une attention particulière aux parents en leur faisant place mais cette fois, il vaudrait mieux prendre des mesures efficaces afin que les parents puissent jouer le rôle qui leur revient à l’école ou à la commission scolaire. Du côté anglophone, selon mes observations la valorisation excessive de la communauté et son droit de gestion de ses écoles pose problème:  l’autonomie des parents n’étant pas désirée, n’est pas respectée, le parent est confondu à la communauté. La communauté est confondue à un nombre limité de groupes d’intérêts.

 

 

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