La méthode Toyota et la gouvernance scolaire: une bonne manière de tenir les parents occupés


 

La méthode Toyota a d’abord été pensée afin d’améliorer les chaînes de productions de l’industrie automobile au Japon. Elle est rapidement devenue populaire auprès des administrateurs et s’est répandue dans les services de santé, les services sociaux et en éducation. En bref, c’est une gestion axée sur les résultats et la réduction des coûts pour y parvenir.

 

 

 

 

Vers les années 2000, le MELS a introduit dans les écoles du Québec cette gestion contractuelle. Les conseils d’établissement doivent produire des plans de réussite et conclure des ententes avec les commissions scolaires qui  doivent faire approuver leurs plans stratégiques par le MELS. Tout ceci vise l’amélioration continue qui en éducation se traduit par l’augmentation continue des taux de réussite.

 

 

 

 

Malheureusement l’implantation de l’approche axée sur les taux de réussite, n’est pas nécessairement une réussite en éducation. Il semble que malgré l’implantation de cette approche, gobeuse de temps, les taux de réussite pour l’obtention d’un diplôme d’études de l’école secondaire dans les délais prescrits aient peu changé (63%).  Toutefois, on assiste à une prolifération de l’implantation de certificats d’études de toutes sortes et un accroissement des inscriptions d’élèves à l’éducation aux adultes qui terminent leurs études secondaires en dépassant les délais prescrits. Dans ces circonstances, on peut se demander ici s’il s’agit de réussite ou plutôt de l’atteinte d’objectifs modifiés donnant l’impression d’une amélioration.

 

 

Lorsqu’on y réfléchit les grands gagnants ici  sont les administrateurs dans les écoles et dans les commissions scolaires. Non seulement,  ils paraissent bien lorsqu’ils rendent des comptes, ils n’ont plus besoin de gérer les demandes des parents appelés à collaborer intensivement dans cette course aux objectifs fixés par le gouvernement.  La gestion du personnel  est également simplifiée: tous pour la réussite! Quant aux  élèves éprouvant des difficultés et bien c’est facile, dirigeons les vers les secteurs alternatifs. Devant toutes ces options, quel est l’intérêt d’offrir tous ces services spécialisés?

 

 

Malheureusement, dans cet empressement à réussir, il reste peu de place pour la pensée critique. Le parent devient collaborateur obligé dans un conseil d’établissement fortement encadrer. Quant à la décentralisation, elle ressemble de plus à plus à une décentralisation administrative qui n’a rien à voir avec l’exercice du pouvoir, le vrai celui qui permet de prendre des décisions de manière autonome.

Enfin, que penser de cette implantation en éducation d’un processus administratif à l’origine conçue pour la fabrication d’automobiles? Au moins, dans l’industrie automobile, lorsque le processus dérape ou que l’on constate des problèmes de fabrication reliés à des coupes budgétaires trop ambitieuses, on peut rappeler les modèles défectueux. Mais qu’en sera-t-il pour le secteur de l’éducation?

En passant, c’est pas Toyota en 2014 qui a fait un rappel de 6 millions de voitures?

 

 

 

 

 

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