Les syndicats des enseignant(e)s au Québec: le meilleur intérêt des élèves?


La rentrée scolaire chaotique que les élèves vivent cette année soulève des questions. En voici quelques unes. Comment se fait-il que les syndicats des enseignant(e)s ciblent les activités parascolaires? Comment se fait-il qu’en temps normal, le personnel enseignant travaille en moyenne 50 heures par semaine et n’est payé que pour 32 heures? Comment se fait-il que les heures supplémentaires n’existent pas en enseignement?Comment se fait-il qu’il en est toujours ainsi?

Comment se fait-il que les syndicats des enseignant(e)s ciblent les activités parascolaires?

D’abord, on peut se demander pourquoi, lorsque qu’il s’agit de moyens de pression,  les syndicats ciblent les activités parascolaires? Pourtant lorsque vient le temps de justifier, notamment les programmes sport-études, on réfère :au bien fondé de la pratique sportive; aux répercussions positives sur le parcours académique des élèves; au développement d’un sentiment d’appartenance; à une baisse du taux de décrochage chez les garçons. D’ailleurs, le sport est tellement bénéfique pour les élèves que certains enseignant(s) sont payés pour offrir pendant des heures de classe des cours qui permettent à certaines équipes sportives, pour un prix,  d’évoluer dans une ligue d’excellence. Il va sans dire que ces heures supplémentaires consacrées à la pratique d’un sport peuvent être très profitables pour les sportifs et même conduire à des carrières dans le monde du sport. De nos jours, il y a de plus en plus d’athlètes qui gagnent leur vie en tant que sportifs, entraîneurs, enseignant(e)s, journalistes, thérapeutes, et cetera. Bref,  il y a toute une gamme de professions associées à la pratique d’un sport. Pourtant, malgré tous les changements encourus dans le monde sportif récemment, on ne  reconnaît toujours pas à grande échelle  l’importance de la pratique intensive du sport à l’école. On réserve ce privilège aux programmes spéciaux. Pire, dès qu’il y a des négociations syndicales, c’est le choix de prédilections des responsables: on coupe dans le sport et tout ce qui se fait après les heures de classe.

Comment se fait-il qu’en temps normal, le personnel enseignant travaille en moyenne 50 heures par semaine et n’est payé que pour 32 heures?

Ensuite, les enseignant(e)s travaillent en moyenne 50 heures par semaine mais ne sont payés que pour 32 heures.  Quels autres professionnels  accepteraient de telles conditions?  Le personnel enseignant québécois donne de son temps parce qu’il veut, avant toute chose,  offrir à ses élèves un bon service. Cela ne semble pas possible à l’intérieur des 32 heures allouées.  Il y a vraiment quelque chose, ici, qui cloche. On ne parle pas ici d’une heure ou deux mais bien de 18 heures de plus que ce qui est prévu.

Comment se fait-il que les heures supplémentaires n’existent pas en enseignement?

Les heures supplémentaires? Si on reconnaissait ce principe en enseignement, la plupart des enseignant(e)s gagnerait près 1/3 de plus que  leur salaire actuel.

Comment se fait-il qu’il en est toujours ainsi?

Les syndicats de l’enseignement ne suffisent plus. L’enseignement n’est pas un environnement où les syndiqués peuvent agir de manière forte sur le gouvernement, contrairement à la construction par exemple. Il n’y aura pas de Rambo qui vont négocier à la dure les conditions de travail des enseignant(e)s. On peut tout de même pas bloquer les routes de l’école avec des pneus? Dans un contexte de coupes successives, le bris d’équipement n’est pas une option.  De plus, on peut même questionner le bien fondé du choix de ne pas offrir les activités parascolaires. Ce choix me semble aller à l’encontre d’un des fondements de la prise de décision en éducation, soit celui de tenir compte du meilleur intérêt des élèves. Bref, si  les syndicats veulent vraiment améliorer les conditions de travail du personnel enseignant tout en tenant compte du meilleur intérêt des élèves, il serait temps qu’ils acceptent leurs limites, qu’ils mettent de côté leurs biais et qu’ils supportent l’arrivée d’un ordre professionnel des enseignant(e)s.

Pour combien de temps encore, les enseignant(e)s du Québec vont-ils recevoir des salaires minables?

 

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