Sortir les parents de l’emprise de l’association « parents-enseignants » nationale : la vision de Charleen K. Haar


«Les parents sont surtout intéressés à ce qui se passe dans leur école. Ces derniers font tout le travail, collectent tout les fonds et supportent l’organisation nationale. Ils obtiennent très peu en échange, sauf que de constater qu’ils font une différence au niveau de l’école                   Charlene k. Haar

Les problèmes associés à la présence d’ associations impliquant des parents et des membres du personnel enseignant dans les écoles aux États-unis  sont l’objet de recherches aux États-Unis. Georges A. Clowes (2003) dans un article «Taking the Parent out of the National PTA: an exclusive interview with Charlene K. Haar» aborde la question. Voici, un résumé.

Charlene K. Haar une consultante étasunienne des relations entre le personnel enseignant et les parents est interviewée par Clowes. Cette dernière s’est intéressée, de manière sérieuse, aux organisations PTA (parents-teachers associations) suite à la réaction du groupe  national après qu’elle ait fait une demande d’accès à des documents. Suite à son enquête, plutôt qu’un groupe voué à l’amélioration des écoles, Haar a découvert un groupe dominé par les syndicats des enseignants, peu intéressé aux parents et à leurs enfants. Elle a même écrit un livre à ce sujet « The Politics of the PTA», publié en 2002.

Lors de son étude initiale du PTA, elle a demandé une copie d’un formulaire de retour d’impôt annuel au bureau chef du PTA à Chicago. Suite à cette demande, elle a reçu une lettre du trésorier du PTA l’accusant de poser des questions et de visiter l’établissement à des fins autres que celles déclarées. Sans cette lettre, elle aurait tout simplement complété son rapport. Intriguée par cette réaction, elle a poursuivi son enquête. Toute cette histoire a pris place au moment où Mme Haar tentait d’organiser un nouveau groupe national constitué de parents. Cette idée lui est venue vers 1993, alors qu’elle travaillait avec des parents et qu’elle s’est aperçue que ces derniers n’avaient pas accès à toute l’information disponible concernant la législation scolaire, les programmes scolaires et les études sur l’éducation.

Dans son livre, elle décrit comment la politisation des PTA au niveau national a changé la place occupée par le parent dans l’organisation. Il est devenu très difficile pour les parents d’influencer les politiques. Il semble que le PTA au niveau national est plus intéressé à faire de la politique qu’aux problèmes touchant les parents. D’ailleurs, il y a très peu de parents impliqués au niveau national. L’organisation semble dirigée par des grands-parents. Au point de vue décisionnel,  les décisions sont prises au niveau national. Malgré cela, il est  très difficile pour les parents de critiquer les décisions au niveau local. Les discussions, les critiques et les désaccords ne sont pas les bienvenus. De plus, Mme Haar dénote que lors de la convention nationale du PTA, près de 3 millions de dollars ont été consacrés à une campagne de relations publiques.

La transformation du PTA, s’est produite vers les années 1960, lorsque les enseignants ont adhéré en grand nombre et ont pris le contrôle de l’organisation. En raison du nombre considérable d’enseignants au sein de l’organisation, le  PTA ne s’opposera jamais aux grèves des enseignants. Le PTA ne supporte pas les parents qui désirent contester les positions syndicales. De plus, selon Haar, l’idée que le PTA représente tous les parents est fausse. Le PTA ne supporte pas les parents quant aux demandes de crédits de taxe pour ceux qui fréquentent l’école privé, ou encore les écoles à charte.

Par ailleurs, elle souligne que le PTA national pratique le lobbyisme, on exerce des pressions sur les gouvernements. L’organisation peut consacrer une partie de ses ressources à des activités politiques. Une des différences entre un PTA et une organisation de participation parentale réside dans le fait que cette dernière ne pratique pas de lobbyisme. D’ailleurs Haar, se demande pourquoi les parents devraient payer des frais de lobbying pour des positions qu’ils ne supportent pas. Comme il existe déjà une panoplie d’organisations qui agissent dans ce sens comment peut-on justifier qu’un PTA agisse dans cette sphère?

Mme Haar invite les parents à lire son livre «The Politics of the PTA» avant de prendre une décision. Si les parents ne sont plus en accord avec l’organisation, elle recommande de ne plus y adhérer et de choisir parmi les alternatives possibles.

En 1965, il y avait 12 millions de membres au niveau national dans le PTA aux États-Unis, en 2003  il n’en restait que 6,2 millions. Elle souligne en terminant que malgré les déclarations de l’organisation, il  y a plusieurs parents qui ne sont pas membres de cette organisation. L’organisation est  loin de représenter tous les parents.

 

 

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