Les organisations parentales: qui reçoit des fonds publics et pour quelle raison?


Paul W. Bennett, un consultant en éducation,  s’intéresse aux subventions accordées aux organisations parentales et aux fins visées lors de  l’octroi de  ces subventions en Ontario (Parent Engagement in Education: Who’s Being Funded to Engage-and for What Purpose?, 2015). Dans son article, il aborde la popularité croissante de l’idée de  l’engagement des parents en éducation publique. Il va même jusqu’à dire que cette idée est devenue  quasi sacro-sainte, de nos jours. Voici, une traduction libre de cet article.

En Ontario le groupe People for Education est celui qui approuve officiellement les organisations parentales. Ces organisations parentales diversifiées emploient souvent une personne afin de guider ses conseils de parents. Au cours des dernières années,la promotion de la participation parentale s’est carrément  transformée en  entreprise  surtout en Ontario et en Colombie-Britannique. Un des objectifs de ces organisations parentales, récipiendaires de subventions gouvernementales, est de  promouvoir l’augmentation des investissements en éducation. Certaines de ces organisations parentales jouissent d’un statut particulier: elles sont les porte-paroles des parents à propos de tous les sujets. On aborde les questions aussi diversifiées que:  la pauvreté, les examens, l’éducation sexuelle, l’éducation des autochtones. Les autres groupes parentaux  intéressés par des réformes significatives ou désirant remettre en question le statu quo obtiennent très peu de subventions. Il semble y avoir plus de fonds publics pour les groupes amicaux, ceux qui supportent le système plutôt que les groupes marginaux qui cherchent des changements en profondeur.

Les responsables des organisations parentales affirment avoir changé et  faire beaucoup plus que la vente de petits gâteaux. Dans les faits, ces organisations consacrent une bonne partie de leurs ressources à exercer des pressions sur le gouvernement afin d’obtenir plus de financement et à promouvoir, au niveau local, les panacées du gouvernement provincial. En 2006, le gouvernement de l’Ontario a octroyé plus de 24 millions de dollars aux conseils de parents visant à augmenter la participation parentale dans les écoles.

Quel a été l’impact de cet investissement?

Bien, au niveau de l’école, la très grande majorité des conseils parentaux continuent comme avant, à collecter des fonds pour le matériel scolaire, à commanditer des festivals mulitculturels et à organiser des fêtes pour les enfants.

Or, en 2006,  les subventions gouvernementales octroyées  visaient à augmenter la participation dans les conseils d’école situés en milieu défavorisé et à réduire les iniquités sociales. En 2014, on a bien fait  le constat de l’augmentation fulgurante des subventions accordées aux organisations parentales, toutefois les objectifs du départ visant la réduction de la pauvreté ont fait place à autre chose. Maintenant, c’est la participation du plus grand nombre qui semble être de mise. Le slogan des organisations parentales va ainsi: quand les  parents sont activement impliqués  dans la vie éducative de leurs enfants, les enfants se portent mieux et réussissent mieux spécialement en mathématiques. Cela permet aux élèves d’atteindre leur plein potentiel et de préparer un meilleur futur. Bref, les subventions gouvernementales visent maintenant une variété d’initiatives qui permettent aux parents d’être plus impliqués dans l’éducation de leurs enfants. Les fonds servent notamment  à financer des projets tels que: l’amélioration de la communication, la célébration de la diversité culturelle, le leadership parental, informations sur la cyberintimidation, les partenariats communautaires,  l’aide aux devoirs afin d’appuyer le parent. Il faut noter, qu’aucune de ces initiatives ne visent à réduire les iniquités sociales ou la pauvreté chez les enfants et les familles.

Le ministre de l’Éducation de l’Ontario aurait donné une fausse impression de l’impact de ces subventions sur la réussite des élèves, lorsqu’il a présenté le Rapport 2010 de McKinsey et Cie. Dans les faits, ce rapport mentionne peu les subventions octroyées aux organisations parentales. De plus, le rapport qui est encore très prisé en Ontario ne l’est plus ailleurs dans le monde. Les conclusions du rapport classant les écoles ontariennes  parmi les meilleures au monde, sont remises en question par d’autres spécialistes. Les affirmations des auteurs du rapport ne seraient pas supportées par les faits.

D’ailleurs, l’idée de distribuer 24 millions de dollars aux conseils d’école à travers la province, d’emblée n’était pas la solution idéale pour  réduire les iniquités sociales. Les interventions « mur à mur » n’aident pas beaucoup les groupes marginaux. La promotion de l’engagement parental, telle qu’elle s’est déployée n’a plus grand chose à voir avec la réduction de la pauvreté : les écarts n’ayant jamais été aussi grands.  Les subventions aux organisations parentales n’ont pas été  alignées sur la stratégie d’ensemble. En octroyant des subventions aux conseils des parents afin  qu’ils élargissent la diversité de leur membership et leurs activités a  pris préséance et on a perdu de vue l’idée du départ, soit celle de réduire les iniquités sociales. Pire encore,  le programme Learning Opportunities Grant (LOG) qui visait spécifiquement la réduction d’iniquités qui avait le potentiel d’atteindre les populations visées a été coupé lors de l’introduction du programme de 2006.

 

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