L’éducation au Québec, sens dessus-dessous: pendant ce temps en Ontario…


Le ministre Blais semble rencontrer quelques obstacles dans ses efforts visant à remettre le système éducatif Québec sur la bonne voie. Après avoir déploré la faiblesse des candidats au bac en enseignement, voilà que le ministère de l’Éducation serait vieillot et les fonctionnaires seraient résistants aux changements. Ces déclarations surviennent au même moment qu’une étude portant sur le taux de décrochage important des jeunes enseignant(e)s est publiée et que  les syndicats de l’Éducation se réjouissent du retour des 32 heures travaillés et négocient le nombre d’élèves par classe.

32 heures payées!!!! Qui fait 32 heures au juste? Quel est le gain ici? Quant au nombre d’élèves par classe, cela ne devrait-il pas relever d’une décision réfléchie, basée sur la science?

Comment diable le statu quo va-t-il aider plus de jeunes à obtenir leur diplôme d’études secondaires en cinq ans? Les élèves en difficultés coulent toujours. Pendant ce temps qu’est-ce qu’on fait? On implante de plus en plus de projets spéciaux visant à garder les meilleurs élèves dans le secteur public: Écoles internationales, Programmes Matrix (complètement informatisés pour les élèves du secteur enrichis), Sports-études pour ceux qui peuvent payer… Ces programmes sont élaborés avec l’appui de parents, souvent bien nantis, élus aux conseils d’établissements pour qui l’équité se résume à soutenir financièrement les 4 à 5 familles dans le besoin…. Pas de problème pour ceux qui n’ont pas les sous, ils peuvent s’inscrire dans les programmes réguliers. Là ou se trouvent tous les élèves en difficultés. Ce même si la science indique que les éléves les moins forts performent mieux dans des groupes hétérogènes.

Malgré tous les artifices implantés depuis 2000, les plans de toutes sortes, les redditions de compte et la multiplication de certifications de toutes sortes, nos taux de réussite à l’école secondaire, après 5 ans  étaient toujours en 2014 à 63,8%. Un minable 63,8%.

Pendant ce temps en Ontario, les taux de réussite après 5 anneées à l’école secondaire sont passés en dix ans de 68% à 84% :

Le taux d’obtention de diplôme dans les écoles secondaires de l’Ontario a à nouveau augmenté, ce qui fait qu’un grand nombre d’élèves acquièrent les compétences et les connaissances dont ils ont besoin pour s’épanouir et prospérer.

En 2014, le taux d’obtention de diplôme en moins de cinq ans après le début des études secondaires était de 84 pour cent, ce qui correspond à 16 points de pourcentage plus élevés qu’en 2004, alors qu’il se situait à 68 pour cent. Le pourcentage d’élèves qui obtiennent un diplôme en quatre ans est de 76 pour cent. Il s’agit d’une augmentation de 20 point de pourcentage depuis 2004 alors qu’il se situait à seulement 56 pour cent.

Depuis 2004, environ 163 000 élèves de plus ont obtenu un diplôme par rapport aux taux d’obtention de diplôme de 2004.

Qu’est qu’on a bien pu faire pour obtenir de tels résultats? Et bien on a mis l’accent sur les élèves en difficultés et trouvé des moyens de les soutenir.  La stratégie a consisté à mettre en oeuvre plusieurs initiatives:

Nouvelles initiatives

De nombreux programmes sont mis en œuvre partout dans la province à l’intention des élèves qui veulent suivre des études universitaires ou collégiales, une formation en apprentissage ou entrer sur le marché du travail après avoir obtenu leur diplôme d’études secondaires.

  • Majeure Haute Spécialisation – Les programmes de la majeure permettent aux élèves de s’orienter vers une carrière grâce à un ensemble de cours en classe, d’expériences en milieu de travail et de certifications reconnues par l’industrie.
  • Élargissement de l’éducation coopérative – Cet apprentissage pratique permet aux élèves d’obtenir jusqu’à deux crédits obligatoires pour l’obtention du diplôme d’études secondaires.
  • Apprentissage électronique – Les élèves peuvent suivre des cours en ligne et les enseignantes et enseignants peuvent partager des ressources à l’échelle de la province.
  • Double reconnaissance de crédit – Les crédits obtenus comptent pour le diplôme d’études secondaires ainsi que pour un certificat ou un diplôme collégial ou un certificat d’apprentissage.
  • Littératie et numératie – Les enseignantes et enseignants disposent dorénavant des ressources nécessaires pour aider leurs élèves à acquérir des bases solides en lecture, en écriture et en mathématiques.
  • Sauvetage de crédits – Ce programme assure une intervention avant que l’élève échoue un cours.
  • Récupération de crédits – Ce programme permet aux élèves qui ont échoué un cours de refaire seulement les attentes du cours auxquelles ils ont échouées plutôt que de devoir reprendre tout le cours.
  • Les conseils scolaires doivent respecter de nouvelles exigences provinciales qui donnent une meilleure structure et plus de clarté et de cohérence aux élèves dispensés de fréquentation scolaire qui participent aux programmes d’apprentissage parallèle dirigé.
  • En 2010-2011, 124 écoles ont participé à l’Initiative de soutien aux écoles pour la réussite des élèves. Cette initiative cherche à renforcer la capacité de leadership de la direction d’école afin d’améliorer le rendement des élèves.

Les élèves du secondaire profitent aussi d’un soutien pour les aider à obtenir leur diplôme d’études secondaires.

  • Transition de l’école élémentaire à l’école secondaire – Cette initiative aide les élèves à réussir au secondaire grâce à la création de profils individuels, à des emplois du temps personnalisés et à d’autres programmes.
  • Équipes responsables de la réussite des élèves – Composées de la directrice ou du directeur de l’école, d’une enseignante ou d’un enseignant pour la réussite des élèves, d’une conseillère ou d’un conseiller en orientation, d’une enseignante ou d’un enseignant d’éducation de l’enfance en difficulté et d’autres éducatrices ou éducateurs, ces équipes qui sont mises sur pied dans chaque école secondaire accordent une attention supplémentaire aux élèves qui en ont besoin.
  • Par le biais de l’Initiative de réengagment des élèves (12e et 12e+) – Les conseils scolaires communiquent avec les élèves qui ont quitté l’école ou qui ne se présentent plus à l’école afin de les encourager et de les réengager à poursuivre leurs études secondaires en vue d’obtenir leur diplôme d’études secondaires. Les conseils reçoivent un financement pour offrir des programmes de soutien à ces élèves une fois qu’ils retournent à l’école.
Les succès de l’Ontario me semblent assez importants pour qu’on s’y attarde, non? Contrairement à la Finlande, l’Ontario est juste à côté. Le voyage est certes moins intéressant mais il semble qu’un gain de 20 points sur le taux de réussite en 10 ans c’est un succès phénoménal, inspirant. On sait déjà que contrairement aux enseignant(e)s du Québec, les enseignant(e)s de l’Ontario sont très bien payés, ils font partie d’un Ordre professionnel et sont syndiqués. Y aurait-il, parmi ces trois facteurs, des catalyseurs de la réussite scolaire qui mériteraient qu’on s’y attarde? Et si le succès de plus grand nombre d’élèves reposait sur la présence d’un Ordre professionnel? Ne serait-il pas dans le meilleur intérêt des élèves d’y voir?
 Et si on consacrait toute notre énergie à construire un système scolaire efficace, plutôt de que se chamailler régulièrement tout en maintenant des structures et une organisation du personnel, selon toute vraisemblance, inefficaces?
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