L’apport des parents à la planification de l’amélioration de l’école : ce que la recherche indique



Une recherche
 ontarienne publiée en 2004  par l’Association canadienne d’éducation s’intéresse à l’apport parentale en ce qui à trait  à la planification de l’amélioration de l’école. La recherche intitulée «La participation des parents aux processus d’amélioration des écoles» visait à répondre à quatre questions:

 

  •  1. Quels facteurs ont le plus d’influence sur la nature et le succès de la planification et de la mise en œuvre de l’amélioration des écoles?
  • 2. Quelles sont les façons les plus efficaces d’engager les parents, les conseils d’école et la communauté scolaire dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi des plans d’amélioration de l’école?
  • 3. Dans quelle mesure et de quelles manières les plans d’amélioration de l’école ont-ils un impact sur le rendement des élèves et sur les autres facteurs que l’on associe à une école efficace?
  • 4. Quelles sont les stratégies les plus efficaces pour accroître la participation des parents dans l’éducation de leurs enfants?

Déjà à cette époque, les conclusions de cette recherche, exhaustive, indiquaient que les parents, hormis quelques exceptions, ont peu d’impact sur les processus visant l’amélioration globale des élèves à l’école. Dans la section qui résume l’étude on dénote les passages suivants:

il y a peu de raisons de croire que la participation des parents à la planification de l’amélioration de l’école peut contribuer d’une façon considérable aux bénéfices pour les élèves du processus d’amélioration de l’école.

 

Selon les résultats des sondages, c’est le leadership dans l’école, et en particulier celui du directeur ou de la directrice, qui est le facteur primordial.

Il existe cependant quelques exceptions, dans certaines circonstances les parents peuvent exercer une influence:

En effet, dans les écoles Survol du projet 5 perçues comme ayant un rendement inférieur, les parents sont capables d’exercer une influence politique considérable sur le personnel, les cadres supérieurs du district et les conseillers scolaires pour les inciter à intervenir. Il faut cependant souligner la grande probabilité que ce sont les parents mieux nantis qui exercent ce genre d’influence en créant des réseaux communautaires et en faisant jouer leurs liens avec des professionnels ne faisant pas partie de l’école. Les recherches antérieures semblent indiquer que quand les parents assument des rôles de leadership dans les conseils d’école, en étroite collaboration avec le directeur ou la directrice de l’établissement, leur influence tant sur le contenu que sur les processus d’amélioration scolaire est considérable.

Toutefois, les données recueillies par les chercheurs indiquent que c’est l’attitude positive du parent envers l’école, son support de l’enfant à la maison qui est le facteur le plus important. Les chercheurs ont  porté une attention particulière à la gestion basée sur les tests de rendement. Les résultats sont tels qu’ils remettent en question cette forme de gestion.

Ces résultats mettent en doute le bien fondé de l’idée fort répandue en Ontario, et dans plusieurs autres provinces et états, qu’il faut encourager les écoles à utiliser les résultats des tests de rendement de l’ensemble de la province ou de l’état comme motif pour procéder à une planification de l’amélioration de l’école. De tels encouragements soulèvent non pas un, mais deux problèmes importants. Non seulement, comme nous l’avons indiqué, y a-t-il très peu d’indices que la planification de l’amélioration de l’école soit une façon productive d’utiliser les maigres ressources de l’école, mais en outre les résultats des tests de rendement à l’échelle de la Survol du projet 7 province ou de l’état sont notoirement peu fiables au niveau de l’école (et ce, d’autant plus en Ontario où leur fiabilité n’est pas connue). Il n’est donc pas difficile d’imaginer que le personnel d’une école puisse gaspiller des efforts considérables à mettre en œuvre une stratégie d’amélioration médiocre axée sur de mauvais objectifs. Il est donc temps de revoir ce paradigme.

Les chercheurs soulignent également quelques problèmes de représentativité des parents siégeant dans les conseils d’école:

Cependant, dans leur ensemble, les données sur l’importance de prendre des décisions fondées sur les résultats de la recherche, et aussi sur la participation des parents à la planification de l’amélioration de l’école suggèrent que les écoles devraient suivre une orientation qui est sous-utilisée dans bon nombre d’entre elles. Il n’est pas nécessaire d’avoir une participation active des parents à des équipes d’amélioration de l’école et au conseil d’école pour connaître les points de vues et les préférences des parents et en tenir compte. En effet, les parents qui sont actifs d’une façon aussi directe dans le fonctionnement de l’école sont rarement représentatifs sur le plan des idées de l’ensemble des parents de l’école.

Un peu plus loin, ils affirment:

 Cela ne signifie pas que nous sachions bien peu de chose sur la façon de créer des écoles efficaces, mais plutôt que la planification de l’amélioration de l’école, telle que nous la concevons généralement, ne s’est pas avérée être une stratégie très prometteuse. Parmi les initiatives les plus productives pour améliorer les écoles, selon les données recueillies, il faut inclure la création de communautés professionnelles d’apprentissage (p. ex., Toole et Louis, 2002), la création de cultures de collaboration (p. ex., Fieman-Nemser et Floden, 1986; Hargreaves et Macmillan, 1991; Little, 1989), la fourniture à l’école de services de perfectionnement professionnel pour les enseignants (p. ex., Fullan et Watson, 1997), la participation des enseignants à la recherche-action (p. ex., Wideman, 2002), le recours à des tests à grands enjeux pour l’évaluation des élèves et la mise œuvre de programmes détaillés de réforme scolaire (p. ex., Datnow et autres, sous presse; Herman, 1999). En effet, si la planification de l’amélioration de l’école, en tant que démarche d’amélioration organisationnelle, est considérée comme un sous-genre de la « planification stratégique », Mintzberg (1994) a conclu que c’était une impasse il y a dix ans (voir le Chapitre 2 pour les principales autres stratégies).

En ce qui a trait aux implications pour la politique et la pratique en milieu scolaire, les chercheur(e)s recommandent les mesures suivantes:

  • 1. Il faut consacrer beaucoup plus d’attention à faciliter la participation directe des parents dans l’éducation de leurs enfants.

  • 2. Il faut inclure dans les tâches pour lesquelles les districts scolaires sont imputables l’élaboration de cadres de référence et d’outils que les écoles pourront utiliser de façon périodique pour recueillir des données représentatives auprès des familles et des membres de la collectivité sur les priorités locales auxquelles l’école devrait accorder de l’attention.

  • 3. Il faut demander à l’Office de la qualité et de la responsabilité en éducation (OQRE) de clarifier la fiabilité de ses résultats d’épreuve au niveau de l’école et d’aligner les utilisations recommandées de ces données avec les fonctions auxquelles elles peuvent techniquement servir. Pour les praticiens dans les écoles et les districts scolaires, les résultats de la recherche suggèrent fortement les mesures suivantes :

  • 4. Il faut évaluer les idées des parents et de la collectivité sur les priorités du district scolaire et de l’école en utilisant des méthodes capables de représenter la gamme des points de vue des parents et de la collectivité dans son ensemble.

  • 5. Il faut s’appuyer beaucoup plus qu’on ne le fait à l’heure actuelle sur des sources de données sur les priorités scolaires, en plus des résultats de l’OQRE.

  • 6. Afin d’améliorer la qualité de l’éducation des élèves, il faut se fier beaucoup moins qu’actuellement à des modèles linéaires ou « mécaniques » de planification scolaire et beaucoup plus à des démarches d’amélioration pour lesquelles il existe de meilleures preuves d’un effet important (création de communautés professionnelles d’apprentissage et développement du leadership, par exemple).

  • Pour les parents, les résultats de la recherche suggèrent les mesures suivantes :

  • 7. Il faut qu’ils consacrent le temps dont il dispose pour l’éducation des enfants (les leurs et ceux d’autrui) à aider directement ces derniers à maîtriser les matières du programme d’études.

  • 8. S’ils sont convaincus qu’il faut apporter des changements à l’école, ils doivent faire des démarches auprès des instances de l’école et du district, en collaboration avec d’autres parents ayant des vues similaires, pour demander, voire exiger ces changements.

Intéressant, non?

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