La formation des parents : une solution à certains problèmes en éducation au Québec?


Corine Payne, présidente de la Fédération des comités de parents plaide pour que la guerre de chiffres cesse en éducation et que l’on réfléchisse à des solutions afin d’offrir une éducation de qualité et de trouver des solutions aux problèmes d’accessibilité aux services.

Depuis les dernières semaines, dans les médias, nous assistons à une véritable guerre de chiffres entre économistes, spécialistes, gouvernement et divers acteurs locaux du milieu de l’éducation. Une guerre où l’on fait dire ce que l’on veut aux chiffres, mais où une seule et même réalité demeure: les services aux élèves sont franchement affectés.

 

Mme Payne, mentionne, avec raison, que plus que jamais les parents sont sollicités financièrement pour défrayer les coûts du transport scolaire, des journées pédagogiques. Elle fait le constat d’une diminution des services spécialisés, de la disparition de l’aide technique aux EHDAA.

Mme Payne suggère de passer en mode solution.

Aujourd’hui, la Fédération des comités de parents de Québec demande de cesser de jouer à qui a tort et qui a raison. Réfléchissons plutôt à trouver des solutions à court, moyen et long terme. Pour le bien de nos enfants, du système public d’éducation et surtout, pour la société de demain.

 

C’est dans cet esprit de recherche de solutions, que je  propose une solution soit de mieux former les parents. Ci-dessous, des explications permettant de comprendre que les parents sont en partie responsables de certains problèmes affectant les EHDAA. Conséquemment, faisant partie du problème, les parents peuvent faire partie de la solution.

Les parents élus collaborent avec les directions d’école. Ils sont témoins et participants en ce qui a trait aux changements affectant les écoles, ce à plusieurs niveaux. D’abord, des parents élus appuient les résolutions votées en faveur de l’ajout de frais à l’école, incluant l’augmentation des frais reliés aux journées pédagogiques. Ensuite, les représentants des parents siégeant sur les comités d’école sont consultés dans bien des dossiers. Entre autres, des postes sont réservés aux  parents représentant les élèves handicapés et en difficultés d’apprentissage et d’adaptation (EHDAA). Puis, ce sont des parents qui ont appuyé au cours des dernières années l’implantation de projets particuliers qui modifient de manière considérable la composition des classes, des écoles. En raison de ces choix parentaux, surtout au secondaire, on retrouve de nos jours un pourcentage élevé d’élèves en difficultés dans les classes régulières, dans les écoles, ce qui complique la tâche des l’enseignant(e)s. Bref, en ce qui a trait aux frais et au changement dans la composition des classes, les parents sont directement impliqués et peuvent changer la donne.

Malheureusement, sans modifications en profondeur, ce changement ne risque pas de survenir. Comme c’est trop souvent le cas en politique scolaire, une grande partie de ces représentants de parents, n’ont aucune formation. Encore, les élus dans les écoles consultent peu les autres parents. Plusieurs parents qui travaillent, n’ont pas le temps de s’investir, les parents moins bien nantis ne sont pas bien représentés. De surcroît, le protecteur de l’élève a peu de pouvoirs. Tout ceci conduit à des prises de décisions biaisées, sans que l’on tienne compte du principe d’équité entre les élèves. Il arrive même que des décisions aillent à l’encontre de la LIP, mais faute de mécanismes de surveillance efficaces à l’interne, les décisions des élus outrepassent parfois les dispositions de la LIP.

Pour ces raisons, la Fédération des comités de parents pourrait améliorer la situation en  révisant : le rôle joué par les parents siégeant sur les conseils d’établissements et aux comités de parents; la représentativité de ces parents;  leur efficacité.

D’abord, en ce qui a trait au rôle que l’on réserve aux parents élus dans les écoles et les commissions scolaires, selon mes observations, hormis quelques exceptions les parents oeuvrant en politique scolaire sont surtout appelés à collaborer:  ils approuvent, ils adoptent et ils subissent les contre-coups de décisions prises en amont. Les parents prennent rarement des initiatives. Ils ne sont pas des partenaires égaux, ils ne prennent pas toute la place qu’ils pourraient, ils sont fortement encadrés par les acteurs scolaires, souvent réticents. Or, si les parents étaient formés, informés et que les décisions étaient prises en toute transparence, il me semble que les parents seraient  plus en mesure de prendre toute la place qui leur revient et ainsi être plus efficaces. Les  parents seraient en mesure de prendre la parole et poser les bonnes questions, de repérer les frais illégaux et pourraient s’opposer à la facturation excessive. Ils seraient en mesure d’évaluer l’impact de leur décision sur les élèves moins bien nantis. Encore, ils seraient capables de se détacher d’un ordre du jour pré-établi,  pour proposer des initiatives tout en respectant les sphères de pouvoirs et fonctions des acteurs du système. Pour cela, les parents doivent comprendre que la collaboration n’est pas synonyme d’un effacement.

Ensuite, étant mieux formés, les parents comprendraient le principe de représentativé, qu’ils sont les représentants de tous les parents et conséquemment leur tâche consiste à défendre l’intérêt de tous les élèves, pas seulement le leur. Sachant qu’ils ne représentent pas que leur intérêt, ils seraient peut-être plus enclins à consulter les autres parents, notamment à faire des sondages.

Puis, en ce qui a trait aux élèves handicapés et en difficultés d’apprentissage et adaptation,  les parents EHDAA ont des droits, il faut que les élus connaissent ces droits. Les parents d’EHDAA ont besoin d’être guider afin de faire prévaloir ces droits et obtenir  les services auxquels ils ont droit. Un EHDAA codé bénéficie d’un soutien accru et d’une équipe d’intervention. Or, en raison de la lenteur du système,  au cours des dernières années plusieurs parents ont consulté des spécialistes dans le secteur privé afin d’obtenir un diagnostic plus rapidement. D’autres ont carrément exercé des pressions sur la direction afin d’obtenir des services même si leurs enfants n’étaient pas codés.Les responsables ont élargi le type de clientèle ayant accès aux PIA (plan d’intervention adaptée). Conséquemment, non seulement les cas codés augmentent mais encore une clientèle non prévue utilise les ressources.  On peut se questionner ici sur l’impact de ce choix sur l’ensemble des EHDAA.  Est-ce que ce choix a pénalisé ceux à qui ce service était réservé initialement?  Est-ce la meilleure décision, la plus efficace? Les parents devraient se questionner quant à l’efficacité du  système actuel et examiner les alternatives possibles. Notamment, certaines écoles privées spécialisées dans la formation des élèves en difficultés obtiennent beaucoup de succès, notamment Centennial  Academy et l’École Vanguard. Qu’est-ce qui empêche les parents d’une commission scolaire de demander  un projet particulier visant à former les EHDAA, basé sur les modèles qui ont du succès? Est-ce que les parents savent qu’ils ont ce droit? Quels sont les moyens mis à la disposition des parents qui désirent instaurer un projet particulier dans une commission scolaire? Imaginer un peu, si tous les fonds destinés à ces élèves étaient canalisés vers ce projet spécial…

Par ailleurs, comme les moyens de détection s’améliorent et qu’on a élargi la clientèle bénéficiant des PIA, ne serait-il pas à propos de poser quelques questions sur les ajustements qui ont été faits par le personnel enseignant(e)? N’y a-t-il- pas des difficultés qui pourraient être prise en charge de manière plus efficace par le personnel enseignant?

Bref, dans certaines écoles, on constate des augmentations des frais et  une concentration des EHDAA dans certaines écoles qui manquent de ressources. Or, les parents peuvent agir dans ces dossiers et changer la donne. Pour cela,  une introspection est nécessaire.  Il faut revoir la place que les parents occupent dans les écoles et les commissions scolaires,  les manières de représenter les parents et les résultats obtenus. En ce qui a trait aux frais exigés aux parents, pourquoi ne pas inviter tous les parents de l’école à ce prononcer? Dans le cas des EHDAA, certaines décisions auxquelles ont participé les parents ont eu des conséquences désastreuses sur le système scolaire public. Pourtant, ils existent des alternatives qui mériteraient d’être examinées. Des parents mieux formés tenant compte des principes de représentativité, d’équité et d’efficacité pourraient renverser la donne et finalement contribuer à la recherche de solutions plutôt que de contribuer à l’exacerbation des problèmes.

 

 

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