Les clubs des boys et des girls en politique scolaire au Québec


Selon Audrey Laurin-Lamothe, il faut se pencher sur les conséquences de la présence d’un petit nombre de personnes au Québec au sein de plusieurs conseils différents.
La proximité des administrateurs au sein de plusieurs grandes entreprises différentes mène à une homogénéisation des pratiques et de la pensée, selon elle. «Ce sont des gens d’influence qui sont dans l’ombre, qu’on ne voit pas directement», dit-elle. «C’est tissé serré au Québec. On retrouve souvent les mêmes noms», explique-t-elle.

Et voilà, c’est dit. Des chercheuses québécoises, Audrey Laurin-Lamothe et Eve-Lyne Couturier se sont penchées sur la composition des CA dans les 30 compagnies les plus importantes au Québec. De manière plus précise, elles ont identifié un  nombre restreint de personnes que l’on retrouve sur plusieurs conseils à la fois:  un  Boys club.  Le corollaire de ceci étant «une homégénisation des pratiques et de la pensée».

Or, ce mal afflige également, le milieu scolaire québécois. Du côté anglophone, on retrouve souvent des membres qui siègent sur plus d’un comité. Le pouvoir de ces personnes en milieu scolaire est énorme. En ce qui a trait à la Commission scolaire Lester B. Pearson, un bref examen permet d’identifier des liens entre les composantes du réseau. Les organisations suivantes font partie de notre échantillonnage:

Parmi les personnes siégeant sur plus d’un conseil en 2015-2016, on retrouve:

  • Suanne Stein Day:  conseil des commissaires, Fondation Pearson, ACSAQ;
  • Frank DiBello; conseil des commissaires, ACSAQ;
  • Noel Burke: conseil des commissaires, ACSAQ;
  • Nan Beaton: Conseil des commissaires, Fondation Pearson;
  • Dan Lamoureux: QCGN, ACSAQ;
  • James Shea: QCGN, ACSAQ;

Deux femmes sur un total de 6 font partie de ce Boys Club…

Lors de cet examen des conseils d’administration de ces organisations, deux éléments ont été notés

1. Le peu de femmes occupant des sièges dans les organisations vouées essentiellement à l’administration.

  • Conseil des commissaires de la Commission scolaire Lester B. Pearson: 5/17   ( excluant les deux commissaires étudiantes 2/2);
  • Association des commissions scolaires anglophones du Québec: 3/7 exécutif; 3/11 membres, total 6/18;
  • Quebec Community Group Network: 5/14.

2. La prédominance des femmes dans les organisations vouées à la bienfaisance, à la collecte de fonds.

  • la Fondation Pearson: 10/14;
  • la Fédération québécoise des associations Foyers-écoles: 7/10.

Bref, il existe un réseau d’influence en milieu scolaire anglophone. En raison de la prédominance des hommes dans ce réseau on peut confirmer, l’existence de Boys club parmi les personnes occupant plus d’un siège.Le milieu n’est donc pas à l’abri de l’homogénéisation de la pensée et des pratiques. De plus, il importe de noter la prédominance des Boys, dans les conseils voués à l’administration scolaire et celles des Girls dans les organisations vouées à la bienfaisance en milieu scolaire…Un constat décevant. Dans ce milieu où l’on retrouve un très grand nombre de femmes, comment se fait-il qu’elles n’arrivent toujours pas à se tailler une place dans les conseils chargés d’administrer la commission scolaire? Comment se fait-il qu’elles se dirigent plutôt vers les bonnes oeuvres?

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