Commissions scolaires: la communauté anglophone dans tous ses états


C’était prévisible, les soi-disants représentants, autoproclamés. de la communauté anglophone s’opposent au projet de loi 86, visant à remplacer les conseils des commissaires par des conseils scolaires. Cette semaine plusieurs articles mettent en évidence un problème de taille: pour ces derniers la communauté, du moins celle définie selon leurs critères, importe plus que toute autre chose.

D’abord, dans Le Devoir, Marlene Jennings, a affirmé :

J’ai lu le projet de loi 86 et je crois qu’il mérite la poubelle. Il tourne en ridicule les droits constitutionnels des communautés anglophones minoritaires, notre droit de contrôler et de gérer l’éducation au sein de notre communauté.

Les représentants des organisations dénoncent le fait que la communauté n’a pas été consultée. Les représentants de ces organisations croient que les commissions scolaires anglophones fonctionnent bien puisque le taux de succès est de 85%. Mme Jennings croit que le projet de loi va à l’encontre des droits constitutionnels. Notons que les parents, ceux qui ne sont pas membres des comités et la communauté n’ont pas été consultés quant au projet de la loi 86… Également, les taux de succès affichés ne tiennent pas compte de l’exode des élèves anglophones éligibles vers les autres secteurs, près de 20%. Entre-autres plusieurs élèves éprouvant des difficultés d’apprentissage, faute de services, quittent pour fréquenter des écoles privées spécialisées. 

Ensuite, la municipalité de Côte St-Luc a également prise position contre le projet de loi 86. À l’instar de Jennings, la municipalité perçoit le projet de loi 86 comme une atteinte aux droits de la minorité de contrôler et gérer ses écoles. L’Assemblée nationale prendrait une décision fondamentale en ce qui a trait aux droits de la minorité linguistique. On ne comprend pas  pourquoi le ministre Blais privilégie les parents et les employés de l’école  et écarte les grands-parents, futurs parents et membres de la communauté. On  craint que les représentants de la communauté soit éventuellement nommés par le ministre.

Enfin,David Birnbaum dans une article de  La Gazette, émet une opinion considérablement différente. Il croit que le projet de loi 86 permet de protéger les droits de la communauté tout en préservant les chances de réussir des élèves. Le projet de loi, offre plus de pouvoirs à ceux qui sont le plus près des élèves, ceux qui tiennent au succès des élèves. Les six représentants de la communauté, permettront d’assurer la présence de la communauté dans la gouvernance scolaire. À son avis, au cours des dernières années plusieurs problèmes ont été soulignés, notamment le peu de place laissée aux parents, le manque de transparence, les problèmes de coordination entre les directions d’établissements,  le directeur général et les commissaires. Or, derrière ces remises en question,on retrouve une préoccupation quant à la manière de maximiser le bien-être des élèves et d’assurer leur succès. Birnbaum prévoit s’impliquer de manière positive dans les consultations qui auront lieu à propos du projet de loi.

Les commentaires quant à la proposition de David Birnbaum, sont intéressants. Entre-autres, on retrouve le commentaire de Marcus Tabanick, directeur de l’Association des commissions scolaires anglophones, qui attaque la position de M.Birnbaum et celui de Debbie Horrock, ancienne présidente de l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec. Ce commentaire est un bon exemple du schisme séparant «la communauté» et les personnes fréquentant les écoles de la communauté. Dans le cas de Mme Horrock, elle ne tient pas compte de la définition officielle d’un anglophone comprise en tant que personne qui peut ou pas parler plusieurs langues mais qui optent de parler l’anglais. Elle fait une distinction entre les francophones (même s’ils parlent anglais) et les autres membres de la communauté anglophone. La conception de la communauté privilégiée par Mme Horrock n’est pas actualisée. C’est ici un grave problème. Les certificats d’éligibilité seraient une menace pour la communauté??? La constitution canadienne permet à ces enfants d’obtenir ces certificats… Combien d’autres personnes pensent de cette façon? Et que dire des Italiens, des Grecs, Ukrainiens et Juifs qui fréquent les écoles anglophones, sont-ils aussi dans une classe à part?

Nothing in Bill 86 ensures that it will be Anglophones who will fill the leadership positions on the new school councils so Mr. Birnbaum’s statement that the government is committed to « our community’s continued leadership of English public schooling » is totally erroneous. I’m all for giving parents more power…i.e. the right to vote around the council table, but given that more than 60% of parents in the English school system are Francophones – and this number is actually much higher in the regions outside of the greater Montreal area – there is little hope for the sustained existence of English culture in our English schools.

The vitality of our English communities across Quebec are threatened by Bill 86. Francophone parents with eligibility certificates, principals, teachers and school board staff who are also Francophone, will be managing our English schools and school councils …. essentially there will be little to no Anglophone representation in the leadership of our English school boards. I find it very hard to swallow Mr. Birnbaum’s rhetoric – « the cornerstone of English-speaking community vitality in Quebec is the health and stability of the key institutions that serve it. The future of our communities will be built on that cornerstone. » There will be no vital English communities without strong English schools and schools boards – institutional vitality is very much a part of community vitality.

Our English schools/school boards are the last institutions that are governed by the English-speaking community for the English-speaking community, and they must be protected. Bill 86 does nothing to protect us and, as has become so common with this Liberal government, they are selling the Anglophone community down the river. We are drowning and not one of our Anglo MNA’s is offering any kind of lifeline to support us.

Voilà, un bon exemple de cette dysfonction qui mine le système scolaire anglophone. La communauté change, celle que défend certains membres des associations n’est plus.  Ce sont les règles constitutionnelles qui déterminent qui a le droit de fréquenter les écoles de la minorité. Pour cette raison n’est-ce pas là que se trouve la communauté anglophone d’aujourd’hui?  Il est plus que temps d’y voir, cela ne sera possible que si on fait place aux parents dont les élèves sont inscrits dans les écoles. Les droits linguistiques de la minorité ne sont pas la prérogative de la minorité des membres des associations anglophones.

 

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