Changements majeurs à la Commission scolaire Lester B.Pearson: un manque de vision flagrant


Depuis plusieurs années, les parents de la Commission scolaire Lester B.Pearson ont le droit à des actions«copie-coller» à tous les cinq ans. Les écoles à moitié-vides doivent être fermées. Le manque d’élèves, se traduit par un manque de budget pour maintenir l’école ouverte. À chaque fois, on reprend le même exercice: on annonce l’arrivée du «Major School Change»; on fait appel aux membres de la communauté afin de recueillir les mémoires;  par la suite, c’est inévitable on annonce des fermetures, des fusions ou l’arrivée de projets pour adultes (qui ne sont pas soumis à la Loi 101). Les justifications des commissaires sont toujours les mêmes: ce n’est pas leur faute mais c’est de la faute du gouvernement et de la Loi 101. On manque d’effectifs, on le sait. En fermant des écoles on épargne de l’argent. C’est la solution par excellence à la commission scolaire. Par ailleurs, dans le quartier qui connaît une très grande affluence de résidents, ce qui était connu de la commission scolaire, rien n’a été prévu si ce n’est que le transport des élèves à plus de 18 kilomètres de leur résidence. En ce moment les parents réagissent et tentent de s’opposer aux décisions de la commission scolaire. Encore une fois, dans cette commission scolaire qui déplore le manque d’élèves, suite à ces annonces, plusieurs parents pensent inscrire leurs enfants à l’école francophone de leur quartier. Déjà, selon les statistiques disponibles, la commission scolaire perd près de 20% des élèves éligibles.

À mon avis, on manque de vision dans cette commission scolaire et ainsi on rate une occasion unique de préparer l’avenir. PIre encore, en ne révisant pas en profondeur leurs manières de faire. les commissions scolaires anglophones courent le risque de disparaître. En effet l’article 23 de la charte canadienne des droits et libertés impose une contrainte soit celle d’un nombre suffisant d’élèves. C’est à mon avis, plus que toute autre chose, ce qui décidera de l’avenir de la «communauté».

Article 23

1) Les citoyens canadiens:

  1. a) dont la première langue apprise et encore comprise est celle de la minorité francophone ou anglophone de la province où ils résident,
  2. b) qui ont reçu leur instruction, au niveau primaire, en français ou en anglais au Canada et qui résident dans une province où la langue dans laquelle ils ont reçu cette instruction est celle de la minorité francophone ou anglophone de la province,

ont, dans l’un ou l’autre cas, le droit d’y faire instruire leurs enfants, aux niveaux primaire et secondaire, dans cette langue.

2) Les citoyens canadiens dont un enfant a reçu ou reçoit son instruction, au niveau primaire ou secondaire, en français ou en anglais au Canada ont le droit de faire instruire tous leurs enfants, aux niveau primaire et secondaire, dans la langue de cette instruction.

3) Le droit reconnu aux citoyens canadiens par les paragraphes 1) et 2) de faire instruire leurs enfants, aux niveaux primaire et secondaire, dans la langue de la minorité francophone ou anglophone d’une province:

  1. a) s’exerce partout dans la province où le nombre des enfants des citoyens qui ont ce droit est suffisant pour justifier à leur endroit la prestation, sur les fonds publics, de l’instruction dans la langue de la minorité;
  2. b) comprend, lorsque le nombre de ces enfants le justifie, le droit de les faire instruire dans des établissements d’enseignement de la minorité linguistique financés sur les fonds publics.

Or, la stratégie de la commission scolaire consiste à focaliser sur l’immédiat, plus précisément sur la capacité d’accueil des écoles actuelles qui ont été construites à un autre moment. Les écoles de quartier étant jugées trop grandes, on régionalise le système scolaire. Les élèves doivent voyager. C’est une erreur. Si on tient à assurer l’avenir de la communauté et de ses institutions scolaires, Il faudrait changer de perspective. Cela serait possible en visant à offrir le meilleur service possible aux parents et de là les convaincre de rester en plus grand nombre. À cette fin, on pourrait offrir des écoles de quartier plus petites, plus efficaces et en profiter pour se débarrasser des bâtiments vétustes et coûteux, trop spacieux pour la clientèle de 2016. Pour cela, il faudrait revoir de fond en comble le parc immobilier et mieux collaborer avec les municipalités.

  1. De nos jours la technologie change et les écoles passives font leur arrivée.  Une école passive, est une école plus écologique et  plus efficace au point de vue énergétique. Conséquemment, non seulement la qualité de l’environnement de l’école est rehaussée mais encore les coûts de fonctionnement de ces dernières sont moindres. La commission scolaire pourrait être une des premières à tenter l’essai en proposant des projets pilotes. Évidemment, ceci pourrait se faire progressivement avec planification.
  2. La capacité maximale des écoles doit être réduite. Notamment, plutôt que de conserver une école dont la capacité est de 850 pour 450 élèves et bien on change de bâtiment et on réduit la taille de l’école en prévision des effectifs à venir. Cela permettrait de maintenir plus d’écoles de quartiers.
  3. Plutôt que de construire les écoles selon le modèle d’autrefois qui comprend un gymnase, une bibliothèque et le transport on pourrait plutôt viser le partage des installations et de certains services avec d’autres écoles et les municipalités. Notamment on pourrait mieux utiliser l’environnement immédiat de l’école afin d’offrir aux élèves des cours d’éducation physique sur les sites disponibles: sentiers, patinoires, parcs municipaux, centres récréatifs. Bref délaisser le modèle américain pour adopter un modèle plus économique  entre autres le modèle scandinave. (Les activités extra-curriculaires sont prises en charge par les municipalités).
  4. Plutôt que de faire des voyages en Chine, pour recruter des élèves étrangers, les commissaires devraient se diriger vers les États qui font les choses différemment. Bref, pour les prochaines années les responsables à la commission scolaire devraient consacrer leurs efforts dans l’innovation et les projets avant-gardistes afin de maintenir le nombre d’élèves à un seuil acceptable et ainsi assurer la survie  de la communauté.
  5. Plutôt que de simplement faire appel à la «communauté» pour recueillir des suggestions, il faudrait aussi consulter des experts. Peut-être présenter aux parents les options possibles?
  6. Plutôt que d’utiliser les subventions de Patrimoine Canada pour défrayer les coûts de poursuite en justice, il me semble que tous les groupes communautaires pourraient investir cet argent en recherche afin d’offrir un programme éducatif hors pair.
  7. Enfin, il serait plus que temps que le droit des parents de contrôler et gérer leurs écoles soit pleinement reconnu.

Bref, les commissions scolaires doivent changer de perspective,  focaliser sur les parents, porteurs des droits de la communauté, en ouvrant des écoles de quartiers nouvelles, efficaces, avant-gardistes, faire les choses autrement, investir autrement.

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2 réflexions sur “Changements majeurs à la Commission scolaire Lester B.Pearson: un manque de vision flagrant

  1. Je ne peux pas commenter directement la situation de cette commission scolaire, mais en tant que commissaire dans une commission scolaire francophone, je peux vous dire que la localisation et la taille des écoles est un défi dans toutes les commissions scolaires. En prenant pour acquis que les allocations budgétaires fonctionnent de la même façon du côté anglophone que francophone, il n’est pas possible pour une commission scolaire de vendre ou acheter/construire une nouvelle école comme bon lui semble. Toute vente doit être approuvée par le Ministre de l’Éducation. Une fois la vente complétée, l’argent est considéré un surplus dans le budget et les commissions scolaires ne peuvent présentement pas utiliser leurs surplus. Donc il n’y aurait pas d’argent pour construire la nouvelle école, même si elle est plus petite et moins chère que celle qu’on vient de ventre.

    De plus, toute nouvelle construction ou achat doit également être approuvé par le Ministre de l’Éducation. Les règles budgétaires sont très claires qu’une nouvelle construction n’est pas autorisé tant qu’il n’y a pas un surplus de 125 élèves dans un rayon de 20km au primaire ou de 125 élèves dans tout le territoire de la commission scolaire au secondaire.

    Les commissions scolaires ont déjà protesté plusieurs fois contre ces règles trop restrictives lorsque les règles budgétaires annuelles sont déposées, mais sans succès.

    Votre solution est intéressante, mais c’est en effet le Ministère de l’Éducation avec ses règles strictes qui bloquerait un tel projet. La commission scolaire, qu’elle soit dirigée par un conseil des commissaires ou éventuellement par un conseil scolaire, n’y peut rien.

  2. Bonjour M.Huppe,

    je pensais aussi à une meilleure utilisation des écoles du territoire. Notamment avant de fermer les écoles plus petites, de vérifier si ces écoles pouvaient être utilisées par les élèves qui fréquentent les écoles qui fonctionnent à moins de 50% de capacité.

    Merci pour votre commentaire.

    M.Poupore

    M.Poupore

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