La communauté anglophone et ses écoles: une explication plausible du peu de place réservée aux parents


Naïvement, lorsque j’ai inscrit mes enfants à l’école anglophone québécoise, je croyais que cette dernière respecterait les dispositions du projet de loi 180 de 1997. Ce projet de loi, visait à instituer des conseils d’établissements dans les écoles, un comité de gouvernance bénéficiant de pouvoirs accrus. Notamment, les parents, tellement importants en ce qui a trait à la réussite de leur enfant, obtenaient, du moins sur papier, plus de pouvoirs. Or, il me semble que le projet de loi 180 n’est jamais devenu réalité en milieu anglophone. En tout cas, pas dans les écoles primaires que j’ai observées. La démocratie scolaire, le travail collégial, le partenariat entre les parents et l’école fait plutôt place à un encadrement très serré des parents. La présence d’un organisation communautaire oeuvrant à l’école dans la sphère des pouvoirs normalement réservée au conseil d’établissement, complique royalement la gouvernance dans les écoles. Lorsqu’il s’agit des écoles, plusieurs groupes communautaires subventionnés prennent parole sans consulter les parents.

Or,  voici, un document (http://www.parl.gc.ca/Content/SEN/Committee/411/ollo/rep/rep02oct11-f.pdf) qui, à mon avis, permet d’apporter quelques réponses à mes questions, plus particulièrement sur cette prédominance de «la communauté» qui éclipse les parents dont les enfants sont inscrits dans les écoles anglophones du Québec. Ce rapport intitulé «L’épanouissement des communautés anglophones du Québec: du mythe à la réalité» a été préparé par le Comité sénatorial permanent des langues officielles en 2011.

Selon un extrait de la page 24:

«Les recherches montrent que le nombre de francophones qui s’inscrivent aux écoles de langue anglaise est en hausse, en particulier à l’extérieur de Montréal. Dans certaines régions, la proportion d’élèves francophones dans les écoles de la minorité peut atteindre au-delà de 90 %. Les parents anglophones qui envoient leurs enfants à l’école française sont motivés par un objectif bien précis : celui d’assurer à leur progéniture une bonne maîtrise du français. Le commissaire aux langues officielles a résumé la situation de la façon suivante devant le Comité : Le système d’éducation fait face à des difficultés. En dehors de l’île de Montréal, surtout, le réseau scolaire de la minorité anglophone est aux prises avec un double défi. Quelque 20 % des enfants qui ont le droit d’aller à l’école anglaise fréquentent l’école française parce que leurs parents jugent que le système scolaire anglophone ne les préparera pas adéquatement à demeurer au Québec et à y travailler en français. En même temps, un nombre important d’élèves qui grandissent en français dans des familles exogames ou qui ont des parents francophones vont à l’école anglaise, car, comme leurs parents sont allés à l’école anglaise, ils ont le droit, en vertu de la Constitution, d’y envoyer leurs enfants. […] Ainsi, ces écoles ont une double difficulté. Elles ne bénéficient pas de la pleine capacité de la population admissible à l’école anglaise, et en même temps, elles accueillent des élèves qui ont le droit de fréquenter ces écoles, mais n’ont pas les compétences linguistiques voulues. Elles ne reçoivent pas de financement supplémentaire pour l’apprentissage de l’anglais en tant que langue seconde.51 En réalité, les commissions scolaires anglophones accordent une grande importance à la maîtrise du français chez leurs élèves. Dans les faits, un grand nombre d’écoles anglophones ont instauré des programmes d’immersion. À ce sujet, une représentante de la Commission scolaire Lester B. Pearson a dit : […] les écoles anglaises du Québec ont toujours été à l’avant-garde de l’enseignement et de l’apprentissage des langues secondes; on leur doit d’ailleurs l’élaboration de programmes d’immersion en langue française de renommée internationale. Nous avons tant perfectionné l’enseignement du français au moyen de l’immersion que nous accueillons des gens qui arrivent de toutes les régions du monde pour suivre nos méthodes afin d’acquérir une deuxième langue.»

Bref, non seulement les écoles anglophones accueillent des enfants de familles exogames et francophones, plusieurs familles anglophones délaissent le système. Dans ces conditions, on comprend mieux que « la communauté» soit réticente à faire plus de place aux parents…ces derniers pourraient bien ne pas partager leur vision du système scolaire mais est-ce pour autant acceptable voire légal?

 

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