La réussite en danger : le mantra des lobbyistes et des opposants au projet de loi 86


Plusieurs groupes ont recours à des lobbyistes pour faire passer leur message. Selon toute vraisemblance, des spécialistes de la communication stratégique ont conçu le message propagé par plusieurs: le projet de loi 86 n’améliorera pas la réussite. Comme le maintien des élections scolaires est difficile à défendre, ces gourous du message ciblé, semblent avoir  esquivé le fondement du projet de loi 86, qui s’intéresse à la gouvernance scolaire , en mettant de l’avant la réussite scolaire. Plus précisément les dangers de ce projet de loi 86 pour la réussite…. En affirmant ceci, ils portent entrave au dialogue en utilisant un sophisme, celui de la pente fatale. Selon, une définition trouvée sur un site, voici ce qu’est la pente fatale:

Le sophisme de la pente fatale consiste à affirmer qu’une action ou une mesure entraînerait une situation catastrophique en raison d’un enchaînement de causes et d’effets qui se révèle, après examen, impossible, douteux ou aisément évitable. Ex. : « Si on ne fait pas l’indépendance du Québec, le français en Amérique disparaîtra avant longtemps. »

Or, dans les faits, rien n’indique qu’en donnant plus de pouvoirs aux acteurs dans les écoles que la réussite scolaire serait en danger. D’ailleurs, il n’y a pas de lien causal prouvé, entre la réussite et les élections scolaires, l’administration scolaire et même l’apport communautaire.  Il n’y a pas assez de recherches à ce sujet.Toutefois, on sait que les enseignant(e)s ont un impact, tout comme les parents qui s’intéressent aux études de leur enfant.  L’apport de ces derniers à la réussite étant déjà établi, on peut se demander comment diable une plus grande implication de ces derniers pourrait constituer une menace pour  la réussite?

Or, outre ces accrocs au dialogue, certains mettent de l’avant des arguments intéressants. Notamment, les directeurs généraux des commissions scolaires  questionnent  le pourquoi d’un tel projet de loi, «en quoi les conseils scolaires n’ont pas accompli leur mission?». Heu…manque d’électeurs, démocratie boiteuse, centralisation des pouvoirs à la commission scolaire, manque de formations pour les parents, manque de transparence… dépenses inutiles, trop de pouvoirs sans avoir à répondre au ministre…Tout ceci n’a rien à voir, du moins pas directement avec les taux de réussite. Cela à tout à voir avec la gouvernance.

D’autres nous permettent de voir autre chose : la peur des parents. C’est le cas de l’Association des cadres scolaires qui sont réticents à donner plus de pouvoirs aux parents siégeant en majorité dans les conseils d’établissements. Ici, il me semble que ces derniers généralisent, une autre forme de sophisme.

Bref, ce n’est pas en niant les problèmes reliés à la gouvernance, en ayant peur des changements que les choses vont changer pour le mieux. Pour cela, plutôt que tous et chacun défendent leurs intérêts, il faudrait engager un dialogue véritable. Dans ce dialogue, le meilleur intérêt des élèves devrait passer devant les intérêts particuliers des associations, des fédérations, des syndicats et autres…. La première étape pour engager ce dialogue véritable serait de laisser de côté, les mantras savamment conçus par d’autres. La deuxième serait d’éviter les sophismes. La troisième serait d’arrêter de prendre les parents pour des con(ne)s.

 

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s