L’école anglophone: quand les sentiments d’appartenance et d’inclusion divisent?


La «communauté anglophone» fait face à un défi démographique de taille: il manque d’élèves dans les écoles anglophones. Depuis la fin des années 70 et l’adoption de la loi 101, les immigrants qui autrefois choisissaient de fréquenter en très grand nombre le secteur protestant (devenu anglophone en 1999), ne le font plus. De plus, on dénote dans tous les secteurs une baisse d ‘inscriptions due à un ralentissement démographique. Les écoles du secteur anglophone sont doublement affectées, elles ne fonctionnent pas à 100 % de leur capacité. Sans changements à cet égard, les écoles primaires et secondaires continueront de fermer. Alors qu’on assiste à la régionalisation obligée des écoles anglophones,  les responsables concentrent leurs efforts dans le secteur de l’éducation aux adultes, dans l’ouverture d’institutions offrant des services aux élèves étrangers.

Encore, outre cette régionalisation des écoles, la composition des effectifs n’est plus ce qu’elle était. Plusieurs rapports (CELA; Comité sénatorial) le soulignent, il est même devenu difficile de cerner qui est anglophone de nos jours. En ce qui a trait à la culture, devant la diversité des effectifs, il est difficile de circonscrire une culture commune. Au point de vue linguistique, quoique les parents optent pour le secteur anglophone, pour plusieurs élèves l’anglais n’est pas la seule langue parlée. À certains endroits, la langue première de ceux qui ont le droit de fréquenter l’institution anglophone, surtout en région, est le français.

Selon des extraits du rapport du Comité sénatorial:

[…]Le Quebec Community Groups Network (QCGN), un organisme qui se porte à la défense des communautés anglophones du Québec, est venu exposer à quelques reprises devant le Comité sa vision des principaux défis vécus par ces communautés. D’emblée, le QCGN a tenu à souligner que la population québécoise d’expression anglaise forme une communauté diversifiée et multilingue. Des changements dans le contexte social, politique et économique du Québec ont contribué à forger l’identité des communautés anglophones et ont amené ces dernières à percevoir leur vitalité d’une façon très particulière. La perception à l’égard de la vie communautaire est marquée par deux thèmes récurrents : l’inclusion et l’appartenance. […]

[…]Le système d’éducation fait face à des difficultés. En dehors de l’île de Montréal, surtout, le réseau scolaire de la minorité anglophone est aux prises avec un double défi. Quelque 20 % des enfants qui ont le droit d’aller à l’école anglaise fréquentent l’école française parce que leurs parents jugent que le système scolaire anglophone ne les préparera pas adéquatement à demeurer au Québec et à y travailler en français. En même temps, un nombre important d’élèves qui grandissent en français dans des familles exogames ou qui ont des parents francophones vont à l’école anglaise, car, comme leurs parents sont allés à l’école anglaise, ils ont le droit, en vertu de la Constitution, d’y envoyer leurs enfants. […] Ainsi, ces écoles ont une double difficulté. Elles ne bénéficient pas de la pleine capacité de la population admissible à l’école anglaise, et en même temps, elles accueillent des élèves qui ont le droit de fréquenter ces écoles, mais n’ont pas les compétences linguistiques voulues. Elles ne reçoivent pas de financement supplémentaire pour l’apprentissage de l’anglais en tant que langue seconde. […]

Bref, la communauté semble se définir à partir des critères d’inclusion et l’appartenance qui sont, à mon avis, étroitement reliées à la participation dans les institutions ou dans l‘adhésion à  groupes associatifs communautaires. Ceci permettrait de comprendre la présence d’un  très grand nombre d’associations dans les milieux anglophones québécois.

Dans les écoles, accueillant une très grande diversité de parents, il semble que pour se joindre à la communauté anglophone, il faille participer à la structure en place. Une structure qui implique, une association communautaire, une forme de  PTA (parents, teachers association). À mon avis, la présence de cette dernière détermine le rôle du parent: un bon parent est un parent qui participe.  Les projets communautaires à l’école mettent de l’avant les collectes de fonds. Étant donné,la grande quantité de ces collectes, il semble que les collectes de fonds à l’école, occupe l’espace qui pourrait être occupé par la culture ou les cultures. Or, à l’échelle provinciale, seulement une minorité de parents anglophones (10%) adhèrent à cette vision. Dans ces circonstances, on peut affirmer que plusieurs parents sont exclus. Ce qui jadis permettait de créer un sentiment d’appartenance à la communauté anglophone  ne fonctionne plus à l’école, du moins en ce qui concerne les parents. Dans ces circonstances,  ne serait-il pas judicieux de revoir cette manière de faire à l’école, question d’inclure le plus grand nombre de parents?

 

 

 

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