CSEM: quand la commission scolaire remodèle le comité des parents à son image?


Depuis le mois de mai 2015, le comité des parents à la Commission scolaire English Montreal fait parler de lui. Voici ma compréhension des événements.

D’abord, il y a eu un sondage que voulait effectuer le comité des parents. Malgré qu’ils n’avaient pas besoin de l’autorisation des commissaires, ils ont demandé l`accord de la commission scolaire pour procéder au sondage. Les commissaires ont refusé. De là s’est engagé une lutte entre certains parents qui tenaient à leur sondage et la commission scolaire. Le sondage a finalement été soumis aux parents en ligne. Les résultats n’étant pas favorables à la commission scolaire ont été rapidement contestés.

Rapellons-le, ici ce sont des parents qui ont pris l’initiative. Les politiciens  ont tout fait pour que le sondage n’ait pas lieu et ensuite ont contesté les résultats.

Ensuite, au début de septembre, l’Association des commissions scolaires anglophones a créé un nouveau poste de direction, celui du parent-directeur. Joanne Charron de la Commission scolaire English Montreal occupe le poste.

Puis, au cours de l’année, l’élection d’ un parent-commissaire, très impliqué dans la saga du sondage a été remis en question.

Enfin, la structure du comité de parents a été modifiée suite à une résolution du conseil des commissaires. Opposé à cette décision,  un groupe de 35 parents vient déposer une injonction devant la cour. Ils défrayeront les coûts de cette démarche.

Toute cette saga, soulève deux questions de fond. Au premier chef, est-ce qu’une commission scolaire peut ainsi intervenir et modifier  la structure du comité des parents ? Le comité, avant la restructuration, était divisé en régions. Chaque région était représentée par un parent. Le statut de ce représentant local était important, du moins plus que dans la nouvelle structure. Pour être élu, il suffisait pour ce dernier de recevoir l’appui des représentants de son territoire. En éliminant ces postes régionaux, il est maintenant possible pour un groupe de parents de prendre le contrôle du comité.  La perte du représentant régional est-il une bonne chose pour les parents? Ne risque-t-on pas d’éliminer les points de vue divergents en les soumettant à la tyrannie de la majorité?

Au second chef, on peut se demander quelles seront les conséquences de  la création d’un nouveau poste de parent siégeant sur l’Association des commissions scolaires anglophones? Ce parent n’est-il pas en conflit d’intérêt? Du moment où il reçoit des privilèges symboliques ou réels reliés à sa présence au niveau de l’Association est-il toujours en mesure de défendre  les intérêts des élèves et de s’assurer de la qualité de l’éducation offerte aux enfants? Ne faut-il pas craindre dorénavant que les futurs sondages ne soient plus aussi efficaces? N’y a-t-il pas, ici, un danger soit celui d’une centralisation des pouvoirs parentaux vers l’Association des commissions scolaires anglophones?

Déjà, la directrice-parent de l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec, affirme sur la place publique qu’il n’y a pas de problème que tout va pour le mieux pour les parents de la Commission scolaire English Montreal.

Or, ce n’est pas ce que les résultats du sondage indiquaient…le fait que des parents fassent parvenir une notice légale à une commission scolaire n’est pas plus un signe que tout va pour le mieux….encore le fait que 35% des élèves ayant le droit de fréquenter les écoles publiques anglophones au Québec fassent le choix du secteur francophone (20%) et privé (15%) à l’échelle de la province  n’est pas plus un indicateur d’un taux de satisfaction élevé….

L’article 23 de la charte des droits et libertés canadiennes est très clair, le droit de fréquenter les établissements de la minorité linguistique dépend d’un nombre suffisant d’inscriptions. Dans un contexte où il sévit une baisse démographique importante, ne serait-il pas préférable que les responsables revoient leurs façons de traiter les parents? Du moins les 65% qui restent. Sans les parents détenteurs du droit de fréquenter les institutions anglophones, le secteur public n’existera plus. Du moins, c’est la lecture que je fais de l’article 23.  Peu importe le nombre d’étudiants étrangers ou étudiants aux secteurs des adultes, les droits linguistiques de la minorité sont tributaires du nombre d’élèves inscrits dans les écoles primaires et secondaires. Ne serait-il pas le temps d’y voir? Peut-être aller sonder les 35% qui quittent le système?

Qui sait vu de ce prisme, le projet de loi 86, en accordant une place importante aux parents, serait peut-être salutaire voire la clef pour la survie des institutions de la minorité linguistique au Québec. Pour cela, il faudrait que les responsables des commissions scolaires anglophones arrêtent de clamer sur la place publique l’existence des droits de la communauté en citant un article trouvé dans une charte des droits et libertés visant à protéger les droits des individus.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s