Commissions scolaires: centralisation de la déception dans les écoles


Suite à l’annonce de l’abandon du projet de loi 86 par le Parti libéral, les directions d’école, le personnel enseignant et les parents sont déçus.

Dans un communiqué , Lorraine Normand-Charbonneau, présidente de la Fédération des directions d’établissement d’enseignement est indignée de l’abandon du projet de loi 86. Elle souligne que la gouvernance scolaire doit demeurer une préoccupation, elle invite le gouvernement à reprendre les éléments importants tels que la décentralisation, l’allocation des budgets directement dans les écoles et l’instauration d’une gestion prend appui sur la collaboration

« Pour nous, ce projet de loi allait bien au-delà des élections scolaires. Il représentait une volonté gouvernementale de placer l’élève au cœur de l’action et reconnaissait l’expertise des acteurs dans l’école. La possibilité pour les directions d’établissement et le personnel de l’école de siéger au conseil scolaire qu’instaurait le projet de loi allait enfin assurer une prise de décisions éclairée répondant aux réels besoins de tous les élèves ».

Du côté des enseignant(e)s, Louise Chabot, présidente d’ une centrale syndicale (CSQ) se dit déçue.

Au moment où le Parti libéral du Québec est réuni en congrès ce week-end, la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot, se dit extrêmement déçue du ministre de l’Éducation, même s’il n’est en poste que depuis peu de temps, et des cinq priorités qu’il a annoncées vendredi.

La Fédération des comités de parents, exprime également sa déception devant l’abandon du projet de loi 86. Dans un communiqué, Corine Payne, présidente, réitère l’importance de donner des outils et ressources aux parents afin que la Loi sur l’instruction publique soit respectée. Il faut mettre fin au statu quo. Elle fait appel à un changement de culture où la décentralisation, la reddition de comptes et l’accessibilité aux ressources sont au coeur des changements.

« Pour la réussite des élèves, le statu quo n’est tout simplement plus possible. Il faut un réel changement de culture des acteurs du milieu de l’éducation, du ministre à l’élève! C’est le défi que je lance au ministre Sébastien Proulx aujourd’hui. Depuis le début du processus de consultation sur la réforme de la Loi sur l’instruction publique, le milieu a parlé de bien des choses, mais on a peut-être oublié de parler du principal : se donner les moyens de faire respecter la loi partout et de prendre les décisions aux meilleurs endroits », ajoute la présidente.

Le Comité indépendant de parents anglophones n’est pas heureux du renversement de la situation. Sur le compte Facebook de l’organisation, un porte parole partage sa déception. On sait que les parents dans la Commission scolaire English Montreal éprouvent des difficultés avec le conseil des commissaires.

« For parents everywhere, this is a major step backwards. We had a tremendous opportunity to improve school board governance, but the Government backed away in the face of opposition from our current commissioners, » says Ayala Aviel, member of Parents for a Democratic EMSB. « Today’s structure makes it too easy for school board politicians to block out parents, and we’ve seen it far too many times. It was no surprise that those same politicians opposed Bill 86 from the beginning and forced its withdrawal. »

Il n’y a pas à dire, la déception est centralisée à l’école. Les experts de la pédagogie, les administrateurs, les parents,  les acteurs les plus qualifiés et les plus intéressés par la réussite, semblent avoir été écartés de la gouvernance à la commission scolaire. Alors que ces derniers manifestent leur déception, les leaders humoristiques, maternants, florissants, gentils ou innovateurs se réjouissent à la commission scolaire. Espérons qu’il ne faille pas voir dans ce choix d’abandonner le projet de loi 86, un mauvais présage pour ce qui reste à venir.

Au fait, n’y a t-il pas un problème de structure, dans le sens que des personnes plus ou moins qualifiées, en ce qui a trait à la réussite scolaire, gèrent les plus gros budgets? Vous allez me dire que c’est le propre de la démocratie, la gouvernance par le peuple, pas de taxation sans représentation. Oui mais justement, il n’y a que très peu de contrôle de la taxation dans les commissions scolaires. Selon toute vraisemblance, dans les conditions actuelles, nous serions plutôt devant un système de représentation sans taxation. Prenant compte du taux familique de participation aux élections scolaires, on peut affirmer que la démocratie scolaire au Québec est dysfonctionnelle. Le recours au suffrage universel n’est ni nécessaire ni désiré par les citoyens.

Tant qu’à l’article 23 de la charte canadienne, la charte des droits et libertés protège les droits et libertés individuelles, soit le droit des parents. D’ailleurs, il faut que ces derniers soient en nombre suffisant sinon pas d’école. L’article 23 ne mentionne pas les commissions scolaires mais les  institutions de la minorité linguistique. Bref, il n’est nullement question d’un modèle particulier de gouvernance.

Considérant ces faits, ne rate-t-on pas une occasion ici, soit celle de se donner le meilleur système de gouvernance possible? Et oui, examiner les structures tout en visant la réussite.

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