Rallonger le parcours scolaire au Québec: une bonne idée?


J’ai bien aimé le discours d’Égide Royer lors du Conseil général du Parti libéral. L’idée d’un plan à long terme en éducation est excellente. Même si certaines de ces propositions suscitent la controverse, je pense qu’il faille les considérer sérieusement. Toutefois, je crois que c’est une erreur de ne pas inclure, dans un plan sérieux visant la réussite, des facteurs importants tels la gouvernance scolaire et les structures. Il existe des problèmes à ces niveaux qui un jour ou l’autre devraient faire l’objet d’un examen, neutre. Entre autres, en ce qui a trait aux structures, il faudrait voir l’impact sur le secteur francophone de cet exode,essentiellement de l’élite, vers le privé. Encore de nos jours, les écoles francophones sont dans un état lamentable tandis que celle du côté anglophone sont en bien meilleur état.

Par ailleurs, plusieurs ont qualifié l’idée de modifier la composition du conseil des commissaires et l’élimination du suffrage universel comme un brassage de structure, alors qu’il en est rien. Il s’agissait plutôt de décentraliser l’ensemble du système, de s’assurer que les acteurs principaux participent au pouvoir décisionnel. d’éliminer une pratique vétuste, un apparat, le suffrage universel qui porte à croire que les représentants élus des citoyens contrôle la taxe scolaire. Comme les taxes sont largement contrôlées par le gouvernement provincial, que ce dernier prend les grandes décisions, il y a matière ici à contester même la présence à très long terme de ces membres de la communauté. En éducation, là où l’innovation, le progrès devraient être privilégié, il semble qu’au Québec on privilégie  le statu quo. Comment se fait-il que ce soit des groupes de pression qui décident, que des personnes ayant des intérêts à protéger soient consultées?

Prenons le cas e la Finlande, un pays qui a connu une ascension phénoménale vers le succès.  Le gouvernement n’a pas hésité à faire des changements majeurs, probablement à moindre coût que ce que M. Royer propose.

Voici, un reportage de M.Moore filmé en Finlande:

 

 

Quoique ce que propose E.Royers est fort intéressant, je me questionne sur cette idée de prolonger le parcours scolaire, alors qu’il semble qu’ailleurs, notamment en Finlande, le parcours scolaire est bien moins long et plus efficace. Avant d’adopter la réforme Royer, je préférerais voir les études comparatives sur les systèmes éducatifs. De plus, je pense qu’on devrait inclure dans cette étude, les CPE.  Ces dernières devaient contribuer à rehausser la préparation des jeunes, que s’est-il produit?

À mon humble avis, pour avoir séjourné en Scandinavie, au-delà de la réussite, voici quelques éléments qui devraient être pris en compte:

  • le principe d’équité est au centre des préoccupations, notamment pour des investissements similaires à ceux du Québec, le dîner et les articles scolaires sont fournis par le gouvernement;
  • l’architecture, l’environnement scolaire est très accueillant;
  • le rapport maître-élève est relaxe, beaucoup moins autoritaire, une approche éducative différente où l’enfant est vraiment le centre de l’attention;
  • il n’y a pas de relevé de notes avant l’école secondaire;
  • les élèves ayant des difficultés reçoivent des services rapidement;
  • il n’y a pas ou très peu d’école privée;
  • les maîtres sont très bien formés, entre autres, ils sont détenteurs d’une maîtrise: un niveau qui permet de se détacher de l’emprise du passé qui influence trop souvent les enseignant(e)s.

Avant de prendre une décision sur le modèle éducatif a adopté, je propose que l’on commence par implanter un Institut visant l’excellence en éducation. Que des experts étudient les meilleurs modèles. Lors de cet examen des modèles éducatifs, je suggère  par le biais de la comparaison, que  l’on examine outre la réussite: les niveaux d’anxiété chez les élèves des écoles privées et des programmes spéciaux dans le secteur public; les taux de suicides chez les jeunes; les taux de décrochage chez les garçons.

Suite à cette analyse que l’on informe et consulte les parents, ceux qui ont le droit de gérer et contrôler les écoles.

La réussite c’est bien mais il y a d’autres facteurs notamment le bien-être des élèves qui me semble important. À mon avis,  la vision de E.Royer est limitée au cadre actuel. Toutefois, si on fait le choix en tant que société de s’attaquer aux prémisses de notre système scolaire, il faudra ajuster tout le reste y compris l’étude des troubles de comportements. Qui sait, peut-être que des journées plus courtes pour les élèves  permettront de régler bien des problèmes…Au fait, qu’en est-il des troubles comportementaux en Finlande?

 

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