Le marché de l’éducation internationale: une stratégie pancanadienne mise en place en 2007 sans encadrement?


Les informations qui suivent visent à  mieux comprendre le choix des commissions scolaires québécoises de développer des programmes visant à former les étudiants internationaux. À cette fin, nous avons consulté le site «Affaires mondiales» du gouvernement du Canada.  On y trouve la stratégie élaborée en 2007 par le Comité consultatif sur la stratégie du Canada en matière d’éducation internationale.

D’emblée, le comité expose sa vision en faveur du développement de l’éducation internationale qui va comme suit:

«Notre vision pour le Canada s’exprime ainsi : devenir le chef de file du XXIe siècle en éducation internationale afin d’attirer les meilleurs talents et de préparer nos citoyens au marché mondial, de façon à établir des bases solides pour assurer notre prospérité future.»

La vision du comité est ancrée dans une logique d’une économie basée sur le savoir associée à la prospérité future du Canada. On expose les avantages d’une éducation internationale qui accueillent des étudiants étrangers d’une part et comprend d’autre part des échanges et stages à l’étranger permettant aux participants de développer une perspective mondiale. Perspective qui mènera potentiellement à des investissements ou exportations futures.  De plus,  il est question du recrutement potentiel de nouveaux travailleurs qualifiés grâce à l’harmonisation de l’ immigration et de l’éducation. Tout ceci en tenant compte de la position avantageuse du Canada en ce qui a trait à une offre de services de qualité à un prix avantageux et une solide expérience en éducation internationale grâce à l’initiative Edu-Canada.

Suite à cela, le comité formule les recommandations qui suivent:

  1. 1. Doubler le nombre d’étudiants internationaux qui choisissent le Canada d’ici 2022.

  2. Mettre en place un programme de mobilité internationale pour les étudiants canadiens, auquel pourront participer 50 000 étudiants par année d’ici 2022.

  3. Faire de l’internationalisation de l’éducation au Canada un élément stratégique des politiques et plans officiels du gouvernement du Canada.

  4. Créer un Conseil sur l’éducation internationale et la recherche (CEIR) qui fournira des avis stratégiques aux ministres du Commerce international, des Finances, de la Citoyenneté et de l’Immigration, et de l’Industrie.

  5. Maintenir et accroître la qualité des systèmes d’éducation et assurer leur viabilité à long terme.

  6. Centrer les activités de promotion du Canada sur un nombre limité de marchés prioritaires aux fins de l’attribution de ressources ciblées.

  7. Accroître la promotion de l’image de marque du Canada

  8. Concevoir un système de communication électronique évolué et complet, qui servira de portail national aux étudiants internationaux désireux de venir étudier au Canada.

  9. Promouvoir l’image de marque du Canada par l’octroi de bourses aux étudiants internationaux du premier cycle.

  10. Regrouper les subventions et les bourses offertes aux étudiants internationaux de deuxième et troisième cycles et aux boursiers de recherches postdoctorales sous une seule marque, en privilégiant les domaines prioritaires définis dans les stratégies du Canada sur l’innovation et la prospérité.

  11. Conclure avec les pays prioritaires des accords bilatéraux de large portée, touchant tous les aspects de l’éducation et de la recherche au deuxième et au troisième cycle, soutenus par un financement approprié.

  12. Améliorer le processus de délivrance des visas d’étudiants de façon à assurer le traitement uniforme et rapide des demandes de candidats de haute qualité.

  13. Renforcer et faciliter la formation du personnel dans les ambassades et les bureaux à l’étranger du Canada sur les diverses possibilités éducationnelles et les filiales d’études au Canada. Les autres intervenants devraient aussi pouvoir participer aux activités de formation afin d’acquérir une connaissance approfondie des programmes de même que du soutien culturel requis par les étudiants internationaux.

  14. Soutenir l’expansion et la promotion du programme existant Catégorie de l’expérience canadienne, afin de contribuer à l’établissement au Canada d’immigrants qualifiés et de répondre aux besoins du marché du travail.»

 

Suite à cette lecture, il n’est guère étonnant de constater que les commissions scolaires québécoises se soient lancées dans l’aventure internationale. Là n’est pas le problème. Ne pas l’avoir fait aurait été une erreur.

Le problème, du moins c’est mon avis, réside dans la gestion mystérieuse de ce programme. Notamment, à la Commission scolaire Lester B. Pearson, jusqu’à tout récemment, il était difficile d’avoir des informations. La gestion de ces programmes était loin d’être transparente.

Étant donnée l’importance accordée à ces programmes dès 2007, n’est-on pas en droit de se demander comment il se fait que la gestion des programmes internationaux ne fasse pas l’objet d’un encadrement spécifique au niveau provincial? Comme il s’agit dans bien des cas de PPP, tenant compte de précédents et des dérapages possibles, n’aurait-on pas dû faire preuve de prudence et mieux suivre le dossier au ministère de l’Éducation? Que dire de la gouvernance dans ces institutions? Les étudiants internationaux ont-ils des représentants, une voix, des droits?

Il est vrai que c’est un dossier complexe.

Comme il ne s’agit plus tout à fait de l’instruction publique, peut-être faudrait-il une nouvelle loi?  Tiens, pourquoi pas quelque chose comme La Loi sur l’instruction internationale privée dans le secteur public?

 

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